AVEC en Limousin : silence, on meurt

AVEC en Limousin : silence, on meurt

Publié le 30/06/2017

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Culture. Depuis trente ans, l’association AVEC en Limousin était l’interlocuteur des acteurs culturels et organisateurs d’événements. Elle ne survivra pas au déménagement du territoire lancé par la loi NOTRe.

L’AVEC en Limousin, une structure associative créée en 1985 par la Région Limousin, cessera définitivement son activité le 31 décembre 2017. La Région Nouvelle-Aquitaine a fait savoir, au mois de mai de cette année, qu’elle ne reconduirait pas sa subvention en 2018, or celle-ci représente 80 % des ressources de l’association. Une assemblée générale extraordinaire convoquée le 6 juillet devrait prononcer l’arrêt de mort de l’AVEC en Limousin.

La suppression programmée de l’association, si elle n’a pas suscité de levée de boucliers chez les politiques régionaux en poste, cause une vive émotion parmi les acteurs culturels du Limousin et une pétition en ligne a été lancée.

Délégation de salariés de l’AVEC en Limousin devant l’ancien hôtel de région du Limousin. (Ph. Estelle Dueso )

Droit de la concurrence

Contacté par L’Union Agricole, Éric Correia, conseiller régional en charge de l’économie créative et président du conseil de surveillance de l’AVEC en Limousin, explique que la subvention régionale n’a pas été reconduite mais que les missions de l’AVEC seront reprises par deux structures culturelles picto-charentaises. Pour l’élu creusois, deux raisons, l’une matérielle au regard de la taille de la région et l’autre juridique, conduisent le Conseil régional à cesser son soutien financier : «  nous avons vu très tôt qu’il n’était pas possible d’étendre la location de matériel à l’échelle de la grande région » et cette activité suscite la grogne des acteurs privés de location de matériel qui y voient une concurrence déloyale. Le Conseil régional de l’ex-Aquitaine aurait reçu des courriers de protestation de ces acteurs privés. Or, la gestion du parc de matériel est l’activité principale de l’AVEC en Limousin, souligne Éric Correia.

« Toutes les autres régions ont abandonné les subventions » à ce type de structure pour éviter les recours en concurrence déloyale argumente-t-il. Cependant, ce service aux acteurs culturels ne disparaît pas avec l’AVEC. Il sera confié, à compter du 1er janvier 2018, à l’APMAC, une agence très similaire à l’AVEC, basée à Saintes. L’APMAC met également du matériel à disposition de ses adhérents. Il lui est demandé de gérer désormais son parc et celui de l’AVEC, en le laissant à Limoges et en veillant à la conformité de cette activité avec les règles de la concurrence : pour ce faire, la mission de location sera séparée des autres champs d’actions de l’association picto-charentaise, assujettie à une TVA différente et les tarifs risquent de changer. Pourquoi l’AVEC ne pouvait-elle appliquer elle-même cette solution ? À cette question, Éric Correia répond que la proposition n’a pas été faite à l’association limousine en raison du poids important de la gestion du parc de matériel dans son activité globale.

Grogne en Poitou-Charentes

Il est vrai que l’APMAC a diversifié très récemment son offre de services, en créant une branche formation. Il est vrai également que l’association picto-charentaise revient de loin car, en 2016, la décision du Conseil régional Nouvelle-Aquitaine de supprimer les Nuits romanes a mis en péril l’existence de l’APMAC. L’annulation de cet important festival a réduit de 30 % le chiffre d’affaires 2016 de l’association et l’a amenée à présenter un résultat déficitaire. Jugé trop coûteux par Alain Rousset, président de la nouvelle région, le festival contribuait largement à l’activité de nombreux acteurs culturels locaux et sa suppression a suscité une forte grogne dans l’ex-région Poitou-Charentes. Dans ce contexte, l’APMAC a considéré qu’elle devait diversifier son activité et a embauché une salariée supplémentaire tout en faisant « des investissements importants afin de proposer un parc de matériel performant (1) ». L’objectif avoué de l’APMAC est d’étendre son périmètre d’action : « tout ce travail de médiation commence à porter ses fruits car la Région Nouvelle-Aquitaine a identifié notre savoir-faire et souhaite nous confier, dès 2017, de nouvelles missions (1) ». De quoi donner un peu de baume au cœur au monde de la culture picto-charentais récemment éprouvé (2).

Missions et salariés repris

Côté Limousin, si l’AVEC disparaît, l’avenir des salariés est pris en considération et ils seront reclassés, assure le Conseil régional. Quant aux autres missions de l’agence limousine, elles devraient être assurées par d’autres interlocuteurs : l’agenda, GéoCulture et les programmes européens Leader, ansi que les salariés qui y étaient affectés, seraient repris par l’A, anciennemment agence culturelle de Poitou-Charentes devenue agence culturelle de Nouvelle-Aquitaine. Cette agence pourrait avoir un ancrage à Limoges. Une « antenne culturelle » pourrait aussi être créée au sein des services du Conseil régional et permettre le reclassement de certains salariés.

Il semblerait donc que l’amputation ait été prévue pour se dérouler sans trop de cris ni de douleur. L’avenir des salariés serait assuré, celui des services aussi, si toutefois l’augmentation des tarifs ne détourne pas de la location de matériel les petits organisateurs d’évènements, ce qui compromettrait la pérennité de cette activité. Il reste que le pouvoir décisionnel quitte Limoges et sera exercé en dehors du territoire, comme pour tant d’autres structures ou administrations régionales. Il semblerait que les Limousins soient condamnés à s’y habituer.

ESTELLE DUESO

(1) Rapport moral 2016 d’Agnès Henniquau, présidente de l’APMAC, en date du 8 mars 2017.

(2) Deux pétitions en ligne lancées après l’annonce de la suppression du festival Nuits Romanes avaient recueilli 28 000 signatures.

 

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