Arriver à vendre nos produits plus cher

Arriver à vendre nos produits plus cher

Publié le 28/09/2017

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ÉGalim. Les députés de Haute-Vienne, épaulés par Jean-Baptiste Moreau, ont défendu et obtenu l’organisation d’ateliers par filière. Le premier atelier, « filière viande », s’est tenu au pôle de Lanaud.

Des ateliers par filière, cela n’était pas au programme originel des États généraux de l’alimentation et de l’agriculture. Mais Jean-Baptiste Moreau, député de la Creuse, et agriculteur, avec plusieurs de ses collègues, a estimé que les professionnels n’étaient pas assez associés.

« Ces ateliers sont labellisés par l’État », a tenu à rappeler la sous-préfète de Bellac-Rochechouart, Bénédicte Martin, qui représentait le préfet lors de l’atelier « filière viande » tenu à Lanaud mercredi 20 septembre.

Dès le mot d’accueil, prononcé par Bernard Roux, président du pole de Lanaud, la teneur des débats était posée : « Quand on est aidé, c’est qu’on est assisté. Aujourd’hui, on est des assistés de l’agriculture. Si les aides disparaissent, on sera des naufragés de l’agriculture. Espérons qu’il sortira de ces assises de l’alimentation des initiatives qui permettront de réorienter le prix du produit. »

Jean-Pierre Boulesteix, président de Coop de France Limousin, remerciait les députés de leur présence et d’avoir organisé des ateliers par filière; jusqu’ici, il avait eu l’impression que les choses se passaient à Paris loin des acteurs de terrain. Quant au prix, il constatait : « La société est acculée par les locavores et les tenants du bio, qui ne représentent pourtant que 10 % du marché.Ces ÉGalim devraient être une sorte de pacte entre les agriculteurs et la nation et pas forcément entre les alimenteurs et la nation. »

Jean-Baptiste Moreau lui répondait que si dans l’appellation générique « le terme agriculture a un peu disparu, dans la volonté du président de la République l’idée est bien d’aller des agriculteurs jusqu’au consommateur. La première phase est bien une redescente de la valeur au niveau des producteurs. Dans une deuxième étape, nous parlerons de l’évolution du modèle agricole. Mais si on n’arrive pas à redescendre de la valeur sur les exploitations, il n’y aura pas de modèle agricole à faire évoluer puisqu’il va disparaître ».

Ententes illicites

Les trois heures d’échanges furent ponctuées de présentations chiffrées par Bertrand Dumas de la Chambre d’agriculture de la Haute-Vienne, et de retours d’expérience : Philippe Thierry pour Sud Ouest Volaille, Régis Desbordes pour le 87 dans l’assiette, François Vannier pour la coopérative Limovin, Michel Ringuet pour la Celmar, et Jean-Marie Delage pour le travail mené sur les coûts de production à la Chambre d’agriculture de la Haute-Vienne.

Emmanuel Rabaud, président de la FDSEA 87, soulevait à nouveau le problème posé par la « réglementation européenne sur les ententes illicites. On nous dit qu’il faut revoir le modèle d’organisation de la profession, des interprofessions... Mais la réglementation européenne sur les ententes illicites nous interdit de fixer des prix. On ne veut pas revenir à des prix dirigés, ce n’est pas le sujet, mais à un moment donné, sur l’alimentation, il faut bien parler du coût de production des agriculteurs et d’une petite variable d’ajustement au-dessus de ce prix pour que l’agriculteur puisse investir et vivre de son travail ».

Claude Souchaud, président du salon Tech-Ovin, égal à lui-même, soulignait « l’impérieuse nécessité de s’intéresser très fort au renouvellement de génération. Une filière digne de ce nom doit s’intéresser à l’avenir ».

La députée Sophie Beaudoin-Hubière demandait à toutes les bonnes volontés de faire remonter des initiatives « pour pouvoir proposer à une grande majorité de nos concitoyens, qui aujourd’hui sont condamnés à manger des produits transformés souvent de qualité médiocre, des produits de qualité satisfaisante à des prix corrects pour eux et pour vous ».

Les députés doivent remettre la première semaine d’octobre des propositions concrètes au Premier ministre et au ministre de l’Agriculture. « Le nerf de la guerre aujourd’hui, c’est vendre nos produits plus cher » a répété plusieurs fois Jean-Baptiste Moreau, indiquant que le président de la République « ferait des annonces le 11 octobre prochain ».

STÉPHANE MONNET


Questions à Jean-Baptiste Djebbari, député

– Jean Baptiste Djebbari, avec vos collègues députés LREM de Haute-Vienne mais également de Corrèze, Creuse et Indre vous avez organisé 4 ateliers de réflexion des État généraux de l’agriculture et de l’alimentation, dont un sur votre circonscription au pôle de Lanaud. Pourquoi cette initiative ?

J.-B.D. : Tout au long de la campagne des législatives j’ai pu matérialiser à quel point la question du revenu des agriculteurs était centrale et les espoirs qu’ils fondaient dans la tenue de cette promesse d’Emmanuel Macron que sont les États généraux de l’agriculture et de l’alimentation. Ce constat, je l’ai partagé avec les autres députés, en particulier Jean-Baptiste Moreau qui anime le groupe agriculture de La République en marche à l’Assemblée nationale. À son initiative, nous avons fait ensemble le choix d’organiser un atelier par filière sur la question du prix payé, et le pôle de Lanaud nous est apparu comme une évidence pour traiter des filières d’élevage.

– Qu’est-ce qui a motivé la réalisation de ces ateliers en proximité ?

J.-B.D. : Les États généraux reposent sur 14 chantiers nationaux avec des experts, une plateforme participative dématérialisée pour assurer la mobilisation citoyenne, et sur des démarches conduites par l’échelon régional (Draaf et Région). Pour nous, c’est l’ADN d’En Marche, les acteurs de terrain devaient aussi être associés à la réflexion. Les 4 ateliers, labellisés ÉGalim par l’État, portaient cette ambition de donner la parole à ceux qui vivent au quotidien de l’agriculture dans les territoires.

– Qu’avez-vous retenu de l’atelier de Lanaud ?

J.-B.D. : Tout d’abord, déterminer des prix de revient des produits animaux qui intègrent le revenu des éleveurs. Non seulement c’est souhaité de tous, mais surtout c’est possible et déjà efficacement mis en œuvre dans certaines filières tel le poulet label. Ensuite, je crois que les éleveurs ont compris que leur rémunération passera par la satisfaction des attentes des consommateurs. Il faut ainsi faciliter la segmentation de leur offre de produits. Enfin, en particulier en bovins viande, nous devons aider la filière à ouvrir des marchés à l’export. Toutes ces propositions ont été remises en mains propres au ministre de l’Agriculture. Nous attendons les premières annonces du président de la République le 11 octobre prochain.

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