ÉGalim : Les députés expérimentent en commission le mépris des géants de l'aval

ÉGalim : Les députés expérimentent en commission le mépris des géants de l'aval

Publié le 22/09/2017

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ÉGalim. Les députés présents aux auditions de la commission des affaires économiques sont ressortis étourdis par les prestations des géants de la distribution et de l’alimentaire, Leclerc et Bigard en tête.

Les députés de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale ont tenu pendant trois jours des auditions dans le cadre des états généraux de l’alimentation et de l’agriculture (ÉGalim). Au centre de leur questionnement : comment répartir mieux la valeur des produits alimentaires.

Les industriels présents et les représentants des distributeurs, entendus tour à tour, se sont renvoyés la balle plus ou moins courtoisement. Quand ils ont répondu aux questions.

Michel Nalet, directeur de la communication et des relations extérieures de Lactalis, avait prévenu qu’il ne comptait pas « éluder les question, en tout cas, pas complètement ». Quand Richard Ramos, député Modem du Loiret, lui demande si Lactalis publie ses comptes, comme la loi l’y oblige, il esquive, expliquant sa fierté de savoir que son « groupe paie ses impôts en France » avant d’ajouter qu’il ne voit pas « en quoi la connaissance détaillée de comptes consolidés du groupe ou des marges du groupe permettrait une discussion plus sereine sur le prix du lait. Le prix du lait ne se décrète pas en fonction de la prodigalité de nos affaires ». Il parachève sa sortie en rappelant que Lactalis emploie 15 000 collaborateurs en France. Une forme de chantage à peine déguisée qui sera reprise par Bigard, Leclerc...

Maxence Bigard a remplacé Jean-Paul Bigard, qui s'est désisté la veille de son audition.

Avec une pointe de fatuité en plus chez Michel-Édouard Leclerc. Si l’homme finit rarement ses phrases, il manie adroitement l’art du sous-entendu.

Interrogé par Jean-Baptiste Moreau, député LREM de la Creuse, sur les promotions qui ont fait perdre le sens du prix des choses aux consommateurs, Michel-Édouard Leclerc répond qu’il n’y peut rien, que s’il y a des promotions c’est parce que « quelque part il y a des groupements de producteurs qui avaient du dégagement à faire, du déstockage ».

Les députés ont beau insister, savoir s’il dort bien, alors que son empire s’est construit sur l’appauvrissement de nombreux agriculteurs, il déclare : « Ça me plairait bien que l’agriculture française s’en sorte mieux. » La guerre des prix ? « Je ne la pratique pas. » Et de renvoyer la faute sur les industriels qu’il commercialise : « Pourquoi cette focalisation sur le distributeur et pas sur les deux ou trois multinationales qui sont leader sur chaque marché ? Moi, je n’achète pas à la ferme, j’achète à Nestlé, à Danone. »

Encore des pauvres

Il aime tellement l’agriculture et les agriculteurs qu’il avoue avoir été marié pendant plusieurs années à une éleveuse. Il a d’ailleurs « du mal à comprendre qu’avec 100 milliards de subventions, en plus du prix, pendant 10 ans, il y a encore des pauvres dans l’agriculture. Quand on parle de transparence, on ne parle pas beaucoup des mécanismes de répartition de ces aides ». Pressé par Emmanuelle Ménard, députée non inscrite de l’Hérault, de préciser sa pensée, il temporise : « Oui, j’ai une idée, mais il suffira que je la dise pour qu’on me dézingue. »

Le roi du prix bas finira par expliquer qu’il n’y a tout simplement pas « de lien entre le prix auquel j’ai choisi de vendre, parce que j’ai un modèle économique qui marche bien et qui réussit bien, qui se fonde sur une vision consumériste de la vente, et le prix d’achat ».

Quelques heures plus tôt, assis derrière un écriteau marqué « Jean-Paul Bigard », Maxence Bigard n’a, lui, rien voulu dire. Il respecte la législation française. Il emploie 14 000 personnes en France et il a pris « acte » des questions qui lui étaient posées.

Absence de transparence, conditions de travail, bien-être animal, composition des produits transformés, Maxence Bigard s’est contenté de s’éloigner du micro ou de répondre à côté des questions. « Nous achetons 25 000 bovins par semaine que nous payons toutes les semaines », dit-il quand on lui demande pourquoi il ne publie pas ses comptes.

« Là, on est dans Le Parrain ou bien dans une commission d’audition à l’Assemblée nationale ? », finit par s’interroger tout haut François Ruffin, député La France insoumise de la Somme. À la fin de l’audition de Maxence Bigard, maniant parfaitement l’euphémisme, le président de la commission des affaires économiques, Roland Lescure, LREM des Français établis hors de France, constatait : « J’aurais aimé que les réponses soient un peu plus loquaces. »

STÉPHANE MONNET

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