Présidentielle : les programmes agricoles

Publié le 06/04/2017

Agriculture >

Le Syndicat de la presse agricole et rurale, le SNPar, avait invité les candidats à l’élection présidentielle à présenter, en quelques minutes, leur programme devant les journalistes agricoles et à répondre à leurs questions. Les représentants de quatre candidats se sont pliés à l’exercice. L’Union Agricole participait à cet échange.

Aides Pac, gestion des aléas, principe de précaution, modèle agricole... Les candidats ont des visions très différentes des orientations à donner à l’agriculture française. Tous s’accordent cependant sur un point de départ : les agriculteurs souffrent économiquement et socialement et les modalités d’exercice de leur profession comme la constitution de leur revenu doivent changer. Le secteur, stratégique pour le pays, mérite des solutions spécifiques et parfois dérogatoires. Sur cette question, chaque candidat apporte des propositions différentes.

Pour Emmanuel Macron, les principaux freins que rencontrent aujourd’hui les agriculteurs sont les bas prix et les normes. Il se propose de résoudre la problématique des prix bas par « une meilleure répartition de la valeur » et des organisations de producteurs « plus puissantes ». Quant aux normes, leur application serait différente en changeant « la philosophie de l’administration française » et en orientant ses agents vers des missions de « conseil ».

Côté transformations de l’agriculture, Emmanuel Macron souhaite soutenir l’investissement et l’innovation avec un plan de 5 milliards d’euros pour l’agriculture sur cinq ans, « un plan Marshall pour moderniser l’agriculture ». L’enveloppe des aides agrienvironnementales passerait de 116 millions d’euros par an à 200 car « ce sont des mesures de compétitivité pour avoir une agriculture plus résiliente et moins dépendante des pesticides ». S’ajouteraient à ces mesures la possibilité pour les agriculteurs de bénéficier d’allocations chômage et des allègements de charges.

Il promet d’organiser très rapidement après son élection un Grenelle de l’alimentation « qui mettra autour de la table l’ensemble de la chaîne, agriculteurs, transformateurs, distributeurs et consommateurs » afin de répondre aux demandes de la société en accompagnant la transformation des modèles. Le candidat d’En Marche ne tranche d’ailleurs pas car « la clé d’entrée c’est l’alimentation et il y a une coexistence possible entre les différents modèles ». Si la négociation n’aboutissait pas avec les distributeurs, le chantier de la loi de modernisation de l’économie serait rouvert. Quant à la Pac, la France militerait pour des aides contracycliques sur le principe de la pluriannualité budgétaire, avec plus d’aides couplées, pour stabiliser les revenus.

Fidèle à son credo libéral, François Fillon veut pour l’agriculture un cadre réglementaire et juridique simplifié. Il plaide pour un nouveau statut qui permettra aux exploitations d’effectuer toutes les missions « d’acteur du territoire rural » qu’est l’agriculteur sans démarches jurdiques lourdes. Il s’agit de « rendre aux agriculteurs la liberté d’entreprendre ». Cette souplesse serait étendue à la protection pour aléas : « chaque exploitation doit pouvoir constituer une réserve pour aléas » en fonction de son chiffre d’affaires. Elle serait fiscalement considérée comme une dépense quand elle est provisionnée et comme une recette quand elle est libérée. Les garanties pour risques climatiques seraient tranférées à un « fonds de mutualisation géré par les agriculteurs ».

François Fillon plaide aussi pour un « commerce équitable » : la loi de modernisation économique (LME), que François Fillon avait fait voter lorsqu’il était Premier ministre, « a montré ses limites et s’est transformée en piège au détriment des agriculteurs ». Le candidat de la droite veut revoir les règles de la négociation en impliquant l’ensemble de la chaîne. Il imposerait aux distributeurs d’informer les consommateurs sur l’origine de tous les produits et le prix payé au producteur.

Concernant la Pac, les aides ne sont pas surdimensionnées : en 2015, les agriculteurs américains auraient reçu 486 $/ha contre 198 pour les agriculteurs européens. La question qui devra être posée à l’Europe est de savoir si l’on s’affranchit des règles de l’OMC. La Pac doit se recentrer sur ses priorités : la gestion des risques et le soutien à l’investissement, en réaffirmant la préférence communautaire. Quant au ministre de l’Agriculture, son action doit être guidée par une feuille de route et sa présence est requise à Bruxelles car « ce n’est pas à Paris que la politique agricole se décide ».

« De notre point de vue, la Pac a échoué. » Celle-ci « repose sur une philosophie beaucoup trop productiviste ». Marine Le Pen considère, en effet, que le premier pilier de la Pac « récompense les plus grosses exploitations » tandis que le Feader est « impuissant » à « corriger le tir ». Le premier axe de son projet agricole est l’instauration d’un « patriotisme alimentaire » qui donnerait la priorité aux produits français dans les cantines publiques et dans les restaurants d’entreprise. La France se dégagerait de la directive sur les travailleurs détachés et remettrait en cause les accords de libre-échange déjà signés ou en cours de négociation.

La distribution serait encadrée, « il faut également organiser un système de négociation des prix et des volumes par filière sur le modèle de ce qu’étaient autrefois les quotas laitiers ».

La France sortant de l’Europe, la Pac serait remplacée par la Paf, politique agricole française. Les aides seraient maintenues dans un premier temps. Elles ne seraient pas distribuées « en fonction des hectares mais en fonction des filières et des besoins ressentis sur le terrain ». « Le modèle de l’agriculture familiale doit être défendu, contre le modèle de la ferme des 1 000 vaches, contre un productivisme exacerbé. » Au bout de deux ans, les prix seraient garantis par l’État pour sortir du « système infernal des aides ».

La MSA serait intégrée au régime général tandis qu’en matière d’aménagement rural le haut débit serait assuré par le réseau de téléphonie mobile avec le déploiement de la 4 G. Côté environnement, le projet de Marine Le Pen promeut l’agriculture biologique et raisonnée et ne souhaite pas investir dans la chimie verte ni les biocarburants. Questionné à ce sujet, Gilles Lebreton a nié l’engagement de Marine Le Pen en faveur des associations de protection animale et d’un renforcement du statut juridique de l’animal, engagement qu’elle a réitéré durant cette campagne.

Pour Benoît Hamon, « l’agriculture n’est pas un secteur comme les autres ». Thème transversal des choix faits par une société en matière d’alimentation, de santé, d’emploi, d’environnement ou d’aménagement du territoire, l’agriculture doit faire l’objet d’un contrat avec la société. Un Grenelle de l’agriculture et de l’alimentation serait ouvert dans la première année de son mandat pour replacer la question alimentaire au cœur des priorités de la société mais aussi acter la responsabilité du citoyen dans ses choix de consommation.

Il considère que les moyens dédiés à l’agriculture doivent être « bien plus importants » et la France doit sortir son agriculture des règles de l’OMC, comme cela est fait pour le secteur de la culture, « en réclamant l’exception agriculturelle ». Il milite pour une organisation mondiale de l’agriculture, chargée d’assurer la sécurité alimentaire, où agriculteurs et consommateurs seraient représentés.

Candidat socialiste et écologiste, Benoît Hamon privilégie les pratiques agro-écologiques et les circuits courts. Partisan à la fois de la recherche sur les races rustiques et sur la chimie verte, son programme soutient une innovation intégrant les enjeux environnementaux, en particulier climatiques, avec une captation accrue de carbone et le stockage de l’eau.

Il souhaite sanctuariser le principe de précaution et réguler les marchés en renonçant au libéralisme pour le commerce des produits agricoles. L’objectif affiché est de « permettre aux agriculteurs de vivre décemment de leur travail ». Le modèle agricole choisi pour ce programme est celui de l’agriculture familiale, avec une attention particulière portée à l’installation et à l’accès au foncier. Benoît Hamon soutient les démarches collectives des agriculteurs afin de « renforcer leur position » économique : organisations de producteurs, interprofessions, coopération et agriculture de groupe sont privilégiées.

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Il ne faut pas oublier l’agriculture !

Publié le 19/02/2017

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Renouvellement des générations. Vendredi 10 février, les Jeunes Agriculteurs ont reçu des représentants des partis politiques en lice pour les prochaines législatives afin de leur parler de l’importance de leur métier.

L. Lafaye (PS), D. Sauget et S. Gentil (LR), V. Gérard, C. Lechevalier et J. Crepet (FN), H. Hurard et M. Labat (La France Insoumise) étaient au rendez-vous proposé par les JA. Les échanges ont été instructifs pour beaucoup. (Ph. N. P.)

Huit représentants de différents partis politiques en lice pour les prochaines élections législatives ont répondu présent à l’invitation lancée par Jeunes Agriculteurs à l’occasion de la semaine dédiée au renouvellement des générations en agriculture. L’objectif : parler de l’agriculture et de son importance sur le territoire. 

Au bout du compte, tous le protagonistes ont signé le manifeste proposé par JA (voir les principaux points ci-dessous) car « il est plein de bon sens et soulève de vraies problématiques », comme l’a remarqué la majorité des participants. Carton plein donc. Affaire à suivre !

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Régionales 2015 : résultats du 1er tour sur la Grande Région et en Haute-Vienne

Publié le 07/12/2015

Ruralite > Collectivités >

Il s'agit d'un scrutin proportionnel à deux tours avec prime majoritaire et répartition selon des sections départementales. Explications.

Vous pouvez consulter les listes de candidats sur le site du Ministère de l'Intérieur et leur profession de foi.

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Lettre ouverte de Jean-Paul Denanot aux électeurs de la circonscription Centre-Massif central

Publié le 30/11/2015

Ruralite > Collectivités >

"C’est pourquoi aussi je veux vous convaincre avec le poids de toute mon expérience, avec les arguments du coeur et de la raison, que les dimanches 6 et 13 décembre, il faut aller voter et faire voter pour les forces politiques de progrès et au service de la République."

Lire l'intégralité de la lettre. 

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Élection du président du conseil départemental

Publié le 03/04/2015

Ruralite > Collectivités >

Jean-Claude Leblois a été élu président du conseil départemental de la Haute-Vienne le jeudi 2 avril 2015.

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