Faire reconnaître la présence du loup

Faire reconnaître la présence du loup

Publié le 20/07/2018

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Loup. La directive Habitats de l’Union européenne prône le retour des grands prédateurs. Pourtant, la question du loup met en péril les systèmes d’élevage plein air, notamment ovins. Inquiets, les éleveurs souhaitent être épaulés.

Suite à différentes attaques qui montrent des caractéristiques de prédation inhabituelles, dix éleveurs de Haute-Vienne, de Creuse et de Corrèze se sont fédérés en association. Ils ont choisi de travailler avec le laboratoire Forgen, basé en Allemagne. Leur objectif : recueillir des informations pour mettre en avant, ou pas, le fait que ces attaques soient imputables à un ou des loups. Des prélèvements sur les animaux prédatés ont été réalisés et transmis à Forgen. Les résultats, bien que parfois partiels, ont permis d’élaborer une carte interactive qui met en évidence la progression de ce grand prédateur sur le Limousin. À ce jour, quatre individus, deux mâles et deux femelles, séviraient sur la zone.

L’exemple de la brebis d’Alexandre Pagnaud

La dernière attaque a eu lieu le 31 mai à Sainte-Anne-Saint-Priest, sur l’exploitation d’Alexandre Pagnaud. « Quand j’ai trouvé la brebis prédatée, j’ai contacté l’ONCFS. Des agents sont venus très vite faire le constat de la carcasse. Ils ont également fait le tour des clôtures à la recherche de poils (NDLR : L’ONCFS (office national de la chasse et de la faune sauvage) ne réalise pas d’analyse de la carcasse à cause des contaminations croisées). Le week-end, j’ai parcouru les bois à la recherche de traces car il manquait un gros morceau d’épaule sur la brebis mais je n’ai rien trouvé », indique Alexandre Pagnaud.

Contactée elle aussi le jour même, Émilie Delaunay a réalisé les prélèvements pour le compte de l’association en présence du maire de Saint-Anne-Saint-Priest. Le 10 juillet, les résultats sont tombés : le matériel génétique est celui d’un loup d’origine balte qui présente les caractéristiques des loups identifiés en France sur les lieux où des attaques ont été reconnues. « J’ai immédiatement fait parvenir ces résultats à la préfecture. Pour le moment, mon courrier est classé sans suite », indique, déçu Alexandre Pagnaud.

De g. à dr. Yves Delaunay, Alexandre Pagnaud, Florent Chastel, Émilie Delaunay et Simone Agut. (Ph. NP)

Préserver les troupeaux, la ruralité et la biodiversité

Aujourd’hui, la question de la préservation des troupeaux se pose et inquiète. « Nous devons faire face à différentes problématiques. On doit anticiper mais, pour pouvoir s’organiser, il faudrait que la présence du loup soit reconnue par les autorités. Les différents moyens à mettre en place vont de toute façon engendrer des contraintes supplémentaires car la présence de ce type de prédateur remet en question les modes d’élevage plein air », note Alexandre Pagnaud.

Les attaques sur un lot de brebis entraînent des pertes directes ainsi qu’une baisse de la productivité (avortements, une baisse de la fertilité…), remarque Émilie Delaunay. Florent Chastel, éleveur à Faux-la-Montagne, souligne que la présence du loup va compromettre le pâturage sur les landes sèches, ce qui va se traduire par un repeuplement de ces espaces et donc par une perte de biodiversité. Simone Agut, éleveuse à Eymoutiers, estime que les attaques de ce type de prédateur sont observées sur les animaux d’élevage mais aussi sur les animaux domestiques. « On doit se projeter et penser à l’avenir de la ruralité », dit-elle.

Les prédations liées au loup ne sont par ailleurs pas belles à voir. « Quand il y a des dégâts, c’est difficile à gérer. C’est aussi de l’émotionnel », souligne Simone Agut. Alexandre Pagnaud ajoute : « Avant, j’allais voir mes brebis. Maintenant, je vais voir s’il n’y a pas eu d’attaque. Ce n’est plus la même démarche. »

Cinq points de doléances

Au niveau national, les syndicats travaillent sur le dossier loup. Au niveau local, les éleveurs demandent une reconnaissance des résultats recueillis par les pouvoirs publics, une information des éleveurs, de la population rurale et des citoyens. « On veut que l’État s’engage à communiquer sur ce sujet, on veut une prise en charge des dégâts quand il y a une attaque, on souhaite la mise en place d’une cellule de veille renouvelée, on demande l’autorisation de tirs de défense et la mise en place d’une brigade loups sous la responsabilité des services de l’État. On veut que s’il est prouvé que ce sont des chiens divagants des dispositions soient prises pour les arrêter », indique Yves Delaunay, le président de l’association. Il conclut : « Le préfet doit prendre ses responsabilités et protéger les éleveurs. »

NATHALIE PÉNELOUX

 

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Carcasses de veaux de boucherie
Elevé au pis rosé clair u

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Jeunes bovins

Bovins limousins à engraisser
Mâle u 300kg

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Jeunes bovins

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