Débat : 42 % des laitiers ont plus de 50 ans

Débat : 42 % des laitiers ont plus de 50 ans

Publié le 03/08/2018

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Lors de l’assemblée générale du Contrôle laitier, Héloïse Sellier du Cniel a présenté la plan filière et la ferme laitière française. La salle a plusieurs fois réagi vivement à ses propos.

Héloïse Sellier, du Cniel, est intervenu devant les adhérents présents à l'AG du Contrôle laitier. (Ph. SM)

Héloïse Sellier, chargée de mission Économie et Territoire au Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (Cniel), avait préparé son intervention devant les adhérents présents à l’assemblée générale du contrôle laitier en deux temps : présentation du plan mis en place par la filière suite aux Égalim, et panorama rapide des exploitations laitières françaises, sous l’angle « une diversité en mouvement ».
Son intervention a été émaillée de réactions parfois vives de la part des éleveurs. Ils ont ainsi bien voulu entendre que le « contexte économique était favorable avec une tendance à la croissance du marché mondial », expliquait Héloïse Sellier. « La consommation de produits laitiers, la demande en produits laitiers vont augmenter, alors que les rendements agricoles vont baisser : à cause de la pollution des sols, l’érosion, les accidents climatiques... Et ça ne va pas s’améliorer, sauf solution agronomique majeure. Actuellement, peu de pays sont en capacité d’avoir une production excédentaire. En quantité, en qualité, la France a toute sa place pour s’adapter à ces marchés. »
Un agriculteur a alors lancé  : « C’est toujours l’agriculteur qui doit s’adapter ! Nous sommes tous capables de nous adapter, mais le prix du lait, on n’en parle jamais. Si c’est produire plus pour gagner moins... »
Le prix de la qualité
Un autre continue : « Le prix actuel du lait ne nous permettra pas de nous adapter à la demande. » L’envoyée du Cniel continuait sur les attentes des consommateurs : « Une partie de la population, de plus en plus importante, veut de la qualité et se dit prête à payer plus cher ces produits. » C’était au tour de Nathalie Beau, présidente du contrôle laitier, de réagir : « On le fait déjà le produit de qualité. Mais on n’a pas le prix. On commence à arriver au bout de la qualité. On a fait tout ce qu’on a pu, mais aujourd’hui on est en perte de vitesse, on est en voie d’extinction. »
Héloïse Sellier rappelait qu’il existait des filières qui payaient davantage le lait, comme la démarche “C’est qui le Patron !”. Un éléveur estimait que le bonus obtenu sur chaque litre de lait était « insignifiant pour changer tout un système de production ».
Lors de la présentation des chiffres des exploitations laitières, Héloïse Sellier n’a pas caché qu’il n’y avait, globalement, pas de renouvellement, mais avec de fortes disparités régionales. « En moyenne, 42 % des éleveurs laitiers ont plus de 50 ans. 50 % des conjoints travaillent hors exploitations. Même s’il y a de fortes disparités régionales, on compte 1 installation pour 2,65 départs à la retraite en élévage laitier. Une ferme sur cinq recourt au salarié permanent. Je peux ajouter à ce tableau que 24 % des chefs d’exploitation sont des femmes. »
Des chiffres qui n’ont surpris personne. Pour Nathalie Beau, le renouvellement est un problème mais également le positionnement de la grande distribution : « La GMS s’organise pour avoir ses propres exploitations. On va devenir les salariés de la GMS. Le danger ne fait que commencer. En plus, en France, on produit cher, nous ne sommes pas compétitifs face à des produits européens qui sont produits pour moins cher, car la main-d’œuvre y est moins chère et les contraintes environnementales y sont également moindres. »
Stéphane Monnet

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