Le poulet label et le châtaignier, une association réussie

Le poulet label et le châtaignier, une association réussie

Publié le 24/05/2015

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Julien Pillard a présenté sa démarche aux personnes qui s’étaient déplacées sur son exploitation. Il a volontiers répondu aux questions et n’a pas hésité à faire part de ses observations.

La première journée organisée dans le cadre d’Innov’action s’est déroulée chez Julien Pillard, Le Mas-Girandeix à Glandon. L’agroforesterie ou comment associer élevage, production de volailles et châtaigniers a été retenue comme thème pour participer à cette action nationale de communication. Une bonne vingtaine de personnes, dont des porteurs de projets, ont participé à ces échanges.

L’objectif de la Chambre d’agriculture est de mettre en place une journée de communication par antenne pour parler de projets de jeunes agriculteurs qui se lancent, ou bien d’agriculteurs installés depuis plus longtemps, qui développent des projets innovants intégrant la notion d’agroécologie, indique Céline Boyard, responsable de la mise en place de ces journées. Le coup d’envoi a été donné par l’antenne de Saint-Yrieix-la-Perche.

Plusieurs motifs ont poussé les responsables à se rendre chez Julien Pillard. D’abord l’innovation. Ensuite, parce que le GVA porte un projet baptisé Agroforeveri (pour agroforesterie, élevage, valorisation de l’espace rural et produit identitaire) dans le cadre de l’appel à projet GIEE (voir encadré).

De gauche à droite : Isabelle Masle (antenne CDA Saint-Yrieix-la-Perche, Céline Boyard (chef de service, CDA 87), Julien Pillard, agriculteur, Claire Mangin (conseillère arboricole, CDA 87 et Limdor, spécialité marrons-châtaignes).

Une installation originale

Julien Pillard s’est installé en 2005 hors cadre familial sur 30 ha de SAU. Dès le départ, il a souhaité développer un atelier de production de poulets label rouge. Il a monté deux poulaillers (de 4 400 places chacun avec 3 bandes par an) et il a acheté une vingtaine de vaches. Depuis, il a augmenté sa production de volailles puisqu’il loue 4 poulaillers supplémentaires pour près de 90 000 poulets vendus par an.

Le choix d’implanter des châtaigniers à proximité de ses poulaillers est lié au cahier des charges poulet label rouge. Les poulets doivent obligatoirement bénéficier d’une surface ombragée (1 arbre pour 150 poulets et 2 m2 de parcours par poulet). Au départ, Julien Pillard pense installer des arbres quelconques ; puis, finalement, il opte pour le châtaignier, parce que « cet arbre est d’ici ». Et puis, s’il récolte en plus des châtaignes, ce sera toujours ça, se dit-il. Mais il ne compte pas sur cette manne supplémentaire...

Après la plantation, les arbres étant petits, Julien Pillard travaille le sol entre les rangs. « Au début, j’ai semé des céréales entre les rangs. Quand les châtaigniers ont été plus grands, j’ai mis des légumes, mais j’ai apporté aussi du fumier ce qui a boosté la croissance des arbres ! Du coup, j’ai laissé en herbe et, chose que je ne conseille pas, j’y ai mis les vaches... ». Afin d’éviter que les vaches ne causent trop de dégâts aux plantations, il change rapidement de stratégie et achète une tondeuse. Mais « elle est toujours en panne. Ça ne va pas ». Donc, il revoit une nouvelle fois sa position et opte pour une vingtaine de brebis. « Je les installe avec les poulets, dans le parc que j’ai bien clôturé. Les brebis mangent l’herbe. Je les fais tourner sur plusieurs parcelles pour qu’elles mangent assez. La cohabitation avec les poulets se passe bien. »

Les poulets de Julien Pillard apprécient d’avoir un parc arboré. « Quand il fait chaud, ils ne restent pas à côté du poulailler. Ils sont sous les arbres, bien à l’ombre », indique le producteur.

Le principe d’agroforesterie est arrivé par hasard sur cette exploitation. Julien Pillard n’est pas en bio, même s’il n’aime pas beaucoup traiter. Il a mis cette façon de travailler en place au gré des événements. Il n’en est pas mécontent, mais le labour entre les rangs a engendré un sol cabossé qui ne facilite pas le ramassage des châtaignes à l’aide d’une balayeuse. Il a d’ailleurs constaté que « la culture entre rangs profite d’abord aux arbres ».

Une autre remarque, plutôt inattendue, concerne la Pac : « Quand je me suis installé, il ne fallait pas être trop charger sur les surfaces déclarées à la Pac. Aujourd’hui, plus j’en mets et plus on me félicite ! » En effet, « les cultures entre rangs peuvent bénéficier d’aides Pac », ajoute Isabelle Masle, conseillère à Saint-Yrieix-la-Perche. « Pour l’instant, on réalise des déclarations en estimant la surface entre les rangs ; l’an prochain, des modalités spécifiques à l’agroforesterie devraient être proposées. »

Ce retour d’expérience a intéressé l’assistance, dont certains membres ont à cœur d’installer du châtaignier chez eux, et d’autres sont simplement curieux de voir comment se concilient différentes activités entre elles.

N. P.


Prochain rendez-vous Innov’action

Mardi 9 juin à 14 h

– Peyribos, commune de Breuilaufa –

Thème : Les techniques culturales simplifiées

• Les grandes étapes du changement

• Les matériels utilisés : atouts et limites

• Les coûts de chantier

• Les intérêts agronomiques de ces techniques 
(enracinement, matière organique et vie du sol...

Rens. : 05 87 50 40 00

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