Assises de la mobilité : Le front commun se fait attendre

Publié le 12/10/2017

Ruralite > Transports >

Assises de la mobilité. La ministre des Transports a reçu des élus locaux concernés par le rapport Delebarre sur le désenclavement du Limousin et des territoires limitrophes pour une réunion qui a débouché sur pas grand-chose.

Après le rapport du sénateur Michel Delebarre sur le désenclavement du Limousin et des territoires limitrophes, paru en catimini durant l’été, les élus locaux se sont mobilisés. En ordre un peu dispersé.

La première salve a été tirée par Gérard Vandebroucke, président de Limoges Métropole, qui, dans un courrier du 7 septembre cosigné par de nombreux élus1, s’étonnait des solutions proposées dans le rapport et indiquait au Premier ministre : « Même si nous n’ignorons pas que votre agenda est extrêmement chargé, nous sollicitons un rendez-vous dans les meilleurs délais afin de pouvoir échanger avec vous sur ce dossier qui nous tient particulièrement à cœur. »

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Pas de front commun pour défendre le territoire aux assises de la mobilité

Publié le 08/09/2017

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Le rapport de Michel Delebarre sur « l’accessibilité du Limousin et des territoires limitrophes » rendu public au cœur de l’été avait pris les élus de court. Il en ressortait toutefois qu’à part Élisabeth Borne, ministre chargée des Transports, il ne satisfaisait pas grand monde.

Gérard Vandenbroucke, président de Limoges Métropole, avait déclaré le 28 juillet : « heureusement que je ne me faisais aucune illusion sur ce rapport, parce que si j’avais eu des illusions, je tomberais de haut » et il avait promis des initiatives rapides. Émile-Roger Lombertie, maire de Limoges, Sophie Beaudouin-Hubière, députée, reconnaissaient qu’il faudrait agir de concert. « Si nous n’arrivons pas, localement, à faire front uni, il se passera ce qui s’est passé avec la LGV » précisait la députée LREM.

Quelques semaines plus tard, le 7 septembre, un courrier était envoyé au Premier ministre Édouard Philippe. Il était signé : Gérard Vandenbroucke, président de Limoges Métropole, Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Jean-Claude Leblois, président du Conseil départemental de la Haute-Vienne, Marie-Françoise Pérol-Dumont et Jean-Marc Gabouty, sénateurs de la Haute-Vienne, Jean-Paul Denanot, député européen, Pierre Massy, président de la CCI de la Haute-Vienne, Jean-Marie Delage, président de la Chambre d’agriculture de la Haute-Vienne, Jean-Pierre Gros, président de la Chambre régionale de métiers et de l’artisanat, et Alain Célérier, président de l’université de Limoges.

Ni le maire de Limoges, ni les députés de la Haute-Vienne n’ont tenu à signer le document. La députée Marie-Ange Magne a fait savoir via notre compte twitter, sans exposer les raisons de sa non-participation à cette initiative commune, qu’elle reviendra sur le sujet du désenclavement « dans une prochaine communication. Il est important de vous expliquer notre position, même si vous avez déjà des indices ».

Pas de front uni

Même si la lettre explique que le rapport Delebarre ne peut pas « constituer une réponse sérieuse aux attentes des citoyens, des élus et des acteurs socio-économiques de notre territoire », il est difficile de voir ce qui a empêché la constitution d’un front commun de nos élus sur la question, alors que se précisent les assises de la mobilité qui doivent identifier les « attentes à l’horizon 2030 » et déboucher sur une loi d’orientation (premier semestre 2018) qui comportera, avait précisé Élisabeth Borne, « une vision à moyen terme des infrastructures et une programmation, année par année, des projets et des financements de l’État sur une période de cinq ans ».

Le courrier adressé au chef du gouvernement identifie deux priorités : la mise à 2x2 voies de la RN 147, en étudiant toutes les solutions, « y compris une concession autoroutière » et la « restauration d’une véritable liaison aérienne de qualité entre Limoges et les aéroports parisiens ».

Par ailleurs, il était rappelé à l’État ses engagements pris sur la ligne Polt afin que « le renouvellement du matériel roulant sur cette ligne se fasse dans les plus brefs délais. » Dans le dernier paragraphe, il est demandé une participation financière de l’État pour la mise en place sur la communauté d’agglomération de Limoges Métropole de lignes de bus à haut niveau de service (BHNS) et un « rendez-vous dans les meilleurs délais ».

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Encore un rapport super(fétatoire)

Publié le 04/08/2017

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Infrastructures. Le sénateur Michel Delebarre a remis à la ministre chargée des Transports un rapport de 56 pages pour dire que le barreau LGV Poitiers-Limoges était définitivement enterré mais que le TER ferait l’affaire.

En pleine torpeur estivale, Élisabeth Borne, ministre chargée des Transports, a rendu public le rapport de Michel Delebarre sur « l’accessibilité du Limousin et des territoires limitrophes ». Le document de 56 pages (comprenant de nombreuses redites) avait été commandé par Manuel Valls, alors Premier ministre, en décembre 2016. Depuis l’annulation de la DUP de la LGV Limoges-Poitiers par le Conseil d’État en avril 2016, le gouvernement avait pris soin de ne pas enterrer définitivement ce projet avant les échéances électorales.

Lors de la rencontre entre Jean-Claude Leblois, président du Conseil départemental de la Haute-Vienne, et Michel Delebarre, sénateur du Nord, « on avait reparlé de l’annulation de la DUP et on pressentait bien que c’était la fin de la LGV » raconte Stéphane Delautrette, vice-président du Conseil départemental en charge des routes et des déplacements.

Malgré les travaux réalisés sur la ligne TER Limoges-Poitiers, son état reste vétuste.

Le non-raccordement de Limoges au réseau ferré à très grande vitesse étant acté, le sénateur développe dans son rapport une idée de remplacement des plus fantaisistes : « L’hypothèse retenue est celle de la modernisation de la ligne existante entre Poitiers et Limoges afin de faire circuler sur cette voie non seulement des TER plus rapides mais également des rames TGV. Ces dernières devraient être, à terme, à même de relier les deux anciennes capitales régionales dans un temps plus ou moins proche d’une heure, selon que des aménagements plus ou moins lourds sont apportés à la ligne classique. »

À aucun moment le document n’indique comment la ligne TER Limoges-Poitiers, souvent montrée du doigt pour sa vétusté, pourrait devenir une ligne capable de recevoir des rames TGV roulant assez vite pour faire en une heure un trajet que les TER parcourent actuellement en 1 h 45.

Le TER pour du TGV

Selon Gérard Vandenbroucke, président de Limoges Métropole, les études faites sur cette ligne non électrifiée pour la mettre seulement au niveau d’une bonne circulation des TER (qui sur certaines sections sont limités à 40 km/h) avaient estimé, il y a presque dix ans maintenant, que la facture dépasserait les 800 millions d’euros. Quel serait le coût pour y faire rouler des trains à grande vitesse ? Il semble improbable qu’il soit de beaucoup inférieur au 1,65 milliard d’euros estimé en 2012 sur la LGV Poitiers-Limoges.

Étrangement, cette incongruité n’a pas été relevée par le ministère des Transports, la ministre ayant tenu à saluer « la grande qualité de cette mission conduite par Michel Delebarre, dont les travaux s’inscrivent pleinement dans la démarche annoncée par le gouvernement d’apporter une réponse adaptée aux besoins de mobilité des Français en favorisant notamment la modernisation des réseaux existants ».

Réponses en 2018

Tout devrait maintenant se jouer lors des Assises de la mobilité, « qui doivent permettre d’identifier les besoins et attentes prioritaires des Français en matière de mobilité et de faire émerger de nouvelles solutions, en écoutant largement les usagers, les collectivités, les opérateurs, les acteurs économiques et les ONG, avec une attention particulière aux transports de la vie quotidienne et aux zones rurales et périurbaines ».

Ces Assises de la mobilité doivent déboucher en 2018 sur une loi d’orientation des mobilités qui définira les priorités françaises en matière d’infrastructures à travers une programmation des investissements.

En 2016,  d’après la SNCF, près de 9 millions d’euros ont été mobilisés sur le POLT.

Élisabeth Borne a indiqué que « le Limousin et ses territoires limitrophes soulèvent des enjeux majeurs de désenclavement. Ma priorité est d’y apporter les réponses les plus pertinentes pour améliorer concrètement et rapidement la desserte de ce territoire. Les conclusions du rapport Delebarre constituent à ce titre des pistes importantes qui vont guider nos réflexions et nos travaux, notamment dans le cadre des Assises de la mobilité et de la loi de programmation des investissements ».

Les élus locaux se rangent donc en ordre de bataille. Gérard Vandenbroucke estime que pour peser il faudra « prendre des initiatives et que le maire de Limoges, le président du Conseil départemental, les consulaires, moi-même, nous mettions notre ego dans notre poche afin d’avancer collectivement ». Une position partagée par le maire de Limoges, Émile-Roger Lombertie, qui souhaite que les élus locaux affichent un front commun pour défendre à Paris « Limoges et tous les territoires ruraux alentour » et obtenir des engagements fermes et des échéances précises.

Le député Jean-Baptiste Djebbari a déjà fait connaître les dossiers qu’il entend porter et estime qu’il faut miser sur le POLT en faisant rouler dessus d’anciens TGV en attendant les nouvelles rames prévues à l’horizon 2020-2022.

Sur la RN 147, il trouve légitime de se poser « la question de l’opportunité d’un axe autoroutier entre Limoges et Poitiers », autoroute qui serait construite par un privé en échange d’une concession.

Stéphane Monnet

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La Haute-Vienne inquiète de son avenir

Publié le 07/07/2017

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Territoire. Alors que les collectivités territoriales devraient connaître de nouvelles baisses de budget et que les grandes infrastructures semblent inaccessibles, les élus départementaux craignent une marginalisation de la Haute-Vienne.

Si la session plénière du Conseil départemental du 30 juin était officiellement consacrée au compte administratif 2016 et au budget suplémentaire 2017, elle aura surtout donné l’occasion à tous les groupes d’exprimer leur préoccupation relative à l’aménagement du territoire régional et au désenclavement de la Haute-Vienne. Que ce soit lors de leur intervention en début de séance ou des questions posées au préfet, les conseillers départementaux ont fait part de leurs doutes quant à la volonté des partenaires du Département pour lui permettre de disposer des grandes infrastructures qui conditionnent son développement. Le consensus régnait dans l’assemblée sur la nature de ces infrastructures : numériques, routières, ferrées et, dans une moindre mesure, aériennes.

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CD 87 - Questions au préfet : un train nommé POLC

Publié le 08/07/2016

Ruralite > Collectivités >

Comme chaque année au mois de juin, le préfet de la Haute-Vienne, Raphaël Le Méhauté, intervenait devant l’assemblée départementale pour dresser un bilan de l’action de l’État en 2015 et répondre aux questions qui lui avaient préalablement été adressées par les conseillers départementaux. 

(De g. à d.) Laurent Lafaye, Annick Morizio, 1re vice-présidente, Jean-Claude Leblois, président du Conseil départemental, Raphaël Le Méhauté, préfet de la Haute-Vienne, et Arnaud Boulesteix.

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LGV : le secrétaire d'État botte une nouvelle fois en touche

Publié le 04/05/2016

Ruralite > Transports >

Le secrétaire d'État chargé des transports, Alain Vidalies, a rencontré mardi 3 mai des élus favorables au projet de LGV Limoges-Poitiers. Cette rencontre fait suite à l'annulation par le Conseil d'État du décret d'utilité publique.  Alors que les collectivités locales du Limousin (voir tableau de répartition) avaient voté 42 millions d'euros de crédits pour les études d'avant projet détaillé (ADP), le projet se trouve une nouvelle fois dans l'impasse.

En million d'euros

À l'issue de cette rencontre, le Secrétariat d'État aux Transports s'est bien gardé de prendre position et a publié le communiqué suivant :

Voir aussi : 

Les défenseurs du barreau LGV Poitiers-Limoges

L'ADE 86-87 défend les intérêts des agriculteurs impactés 

LGV Limoges-Poitiers : ce qu'a écrit la Cour des comptes

 

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