Encore un rapport super(fétatoire)

Publié le 04/08/2017

Ruralite > Transports >

Infrastructures. Le sénateur Michel Delebarre a remis à la ministre chargée des Transports un rapport de 56 pages pour dire que le barreau LGV Poitiers-Limoges était définitivement enterré mais que le TER ferait l’affaire.

En pleine torpeur estivale, Élisabeth Borne, ministre chargée des Transports, a rendu public le rapport de Michel Delebarre sur « l’accessibilité du Limousin et des territoires limitrophes ». Le document de 56 pages (comprenant de nombreuses redites) avait été commandé par Manuel Valls, alors Premier ministre, en décembre 2016. Depuis l’annulation de la DUP de la LGV Limoges-Poitiers par le Conseil d’État en avril 2016, le gouvernement avait pris soin de ne pas enterrer définitivement ce projet avant les échéances électorales.

Lors de la rencontre entre Jean-Claude Leblois, président du Conseil départemental de la Haute-Vienne, et Michel Delebarre, sénateur du Nord, « on avait reparlé de l’annulation de la DUP et on pressentait bien que c’était la fin de la LGV » raconte Stéphane Delautrette, vice-président du Conseil départemental en charge des routes et des déplacements.

Malgré les travaux réalisés sur la ligne TER Limoges-Poitiers, son état reste vétuste.

Le non-raccordement de Limoges au réseau ferré à très grande vitesse étant acté, le sénateur développe dans son rapport une idée de remplacement des plus fantaisistes : « L’hypothèse retenue est celle de la modernisation de la ligne existante entre Poitiers et Limoges afin de faire circuler sur cette voie non seulement des TER plus rapides mais également des rames TGV. Ces dernières devraient être, à terme, à même de relier les deux anciennes capitales régionales dans un temps plus ou moins proche d’une heure, selon que des aménagements plus ou moins lourds sont apportés à la ligne classique. »

À aucun moment le document n’indique comment la ligne TER Limoges-Poitiers, souvent montrée du doigt pour sa vétusté, pourrait devenir une ligne capable de recevoir des rames TGV roulant assez vite pour faire en une heure un trajet que les TER parcourent actuellement en 1 h 45.

Le TER pour du TGV

Selon Gérard Vandenbroucke, président de Limoges Métropole, les études faites sur cette ligne non électrifiée pour la mettre seulement au niveau d’une bonne circulation des TER (qui sur certaines sections sont limités à 40 km/h) avaient estimé, il y a presque dix ans maintenant, que la facture dépasserait les 800 millions d’euros. Quel serait le coût pour y faire rouler des trains à grande vitesse ? Il semble improbable qu’il soit de beaucoup inférieur au 1,65 milliard d’euros estimé en 2012 sur la LGV Poitiers-Limoges.

Étrangement, cette incongruité n’a pas été relevée par le ministère des Transports, la ministre ayant tenu à saluer « la grande qualité de cette mission conduite par Michel Delebarre, dont les travaux s’inscrivent pleinement dans la démarche annoncée par le gouvernement d’apporter une réponse adaptée aux besoins de mobilité des Français en favorisant notamment la modernisation des réseaux existants ».

Réponses en 2018

Tout devrait maintenant se jouer lors des Assises de la mobilité, « qui doivent permettre d’identifier les besoins et attentes prioritaires des Français en matière de mobilité et de faire émerger de nouvelles solutions, en écoutant largement les usagers, les collectivités, les opérateurs, les acteurs économiques et les ONG, avec une attention particulière aux transports de la vie quotidienne et aux zones rurales et périurbaines ».

Ces Assises de la mobilité doivent déboucher en 2018 sur une loi d’orientation des mobilités qui définira les priorités françaises en matière d’infrastructures à travers une programmation des investissements.

En 2016,  d’après la SNCF, près de 9 millions d’euros ont été mobilisés sur le POLT.

Élisabeth Borne a indiqué que « le Limousin et ses territoires limitrophes soulèvent des enjeux majeurs de désenclavement. Ma priorité est d’y apporter les réponses les plus pertinentes pour améliorer concrètement et rapidement la desserte de ce territoire. Les conclusions du rapport Delebarre constituent à ce titre des pistes importantes qui vont guider nos réflexions et nos travaux, notamment dans le cadre des Assises de la mobilité et de la loi de programmation des investissements ».

Les élus locaux se rangent donc en ordre de bataille. Gérard Vandenbroucke estime que pour peser il faudra « prendre des initiatives et que le maire de Limoges, le président du Conseil départemental, les consulaires, moi-même, nous mettions notre ego dans notre poche afin d’avancer collectivement ». Une position partagée par le maire de Limoges, Émile-Roger Lombertie, qui souhaite que les élus locaux affichent un front commun pour défendre à Paris « Limoges et tous les territoires ruraux alentour » et obtenir des engagements fermes et des échéances précises.

Le député Jean-Baptiste Djebbari a déjà fait connaître les dossiers qu’il entend porter et estime qu’il faut miser sur le POLT en faisant rouler dessus d’anciens TGV en attendant les nouvelles rames prévues à l’horizon 2020-2022.

Sur la RN 147, il trouve légitime de se poser « la question de l’opportunité d’un axe autoroutier entre Limoges et Poitiers », autoroute qui serait construite par un privé en échange d’une concession.

Stéphane Monnet

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La Haute-Vienne inquiète de son avenir

Publié le 07/07/2017

Ruralite > Collectivités >

Territoire. Alors que les collectivités territoriales devraient connaître de nouvelles baisses de budget et que les grandes infrastructures semblent inaccessibles, les élus départementaux craignent une marginalisation de la Haute-Vienne.

Si la session plénière du Conseil départemental du 30 juin était officiellement consacrée au compte administratif 2016 et au budget suplémentaire 2017, elle aura surtout donné l’occasion à tous les groupes d’exprimer leur préoccupation relative à l’aménagement du territoire régional et au désenclavement de la Haute-Vienne. Que ce soit lors de leur intervention en début de séance ou des questions posées au préfet, les conseillers départementaux ont fait part de leurs doutes quant à la volonté des partenaires du Département pour lui permettre de disposer des grandes infrastructures qui conditionnent son développement. Le consensus régnait dans l’assemblée sur la nature de ces infrastructures : numériques, routières, ferrées et, dans une moindre mesure, aériennes.

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CD 87 - Questions au préfet : un train nommé POLC

Publié le 08/07/2016

Ruralite > Collectivités >

Comme chaque année au mois de juin, le préfet de la Haute-Vienne, Raphaël Le Méhauté, intervenait devant l’assemblée départementale pour dresser un bilan de l’action de l’État en 2015 et répondre aux questions qui lui avaient préalablement été adressées par les conseillers départementaux. 

(De g. à d.) Laurent Lafaye, Annick Morizio, 1re vice-présidente, Jean-Claude Leblois, président du Conseil départemental, Raphaël Le Méhauté, préfet de la Haute-Vienne, et Arnaud Boulesteix.

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LGV : le secrétaire d'État botte une nouvelle fois en touche

Publié le 04/05/2016

Ruralite > Transports >

Le secrétaire d'État chargé des transports, Alain Vidalies, a rencontré mardi 3 mai des élus favorables au projet de LGV Limoges-Poitiers. Cette rencontre fait suite à l'annulation par le Conseil d'État du décret d'utilité publique.  Alors que les collectivités locales du Limousin (voir tableau de répartition) avaient voté 42 millions d'euros de crédits pour les études d'avant projet détaillé (ADP), le projet se trouve une nouvelle fois dans l'impasse.

En million d'euros

À l'issue de cette rencontre, le Secrétariat d'État aux Transports s'est bien gardé de prendre position et a publié le communiqué suivant :

Voir aussi : 

Les défenseurs du barreau LGV Poitiers-Limoges

L'ADE 86-87 défend les intérêts des agriculteurs impactés 

LGV Limoges-Poitiers : ce qu'a écrit la Cour des comptes

 

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Les partisans de la LGV ne désarment pas

Publié le 07/04/2016

Ruralite > Transports >

Le projet LGV est en pause dans l’attente de la décision du conseil d’État. Les représentants de l’association de promotion de la LGV ont cependant d’ores et déjà annoncé leur intention de poursuivre leur lobbying pour la réalisation de cette infrastructure, quelle que soit la teneur de l’arrêt qui sera rendu par la plus haute juridiction administrative.

(Au premier rang, de g. à dr.) Guillaume Guérin, 1er adjoint au maire de Limoges, Arnaud Boulesteix, conseiller départemental de la Haute-Vienne, Émile-Roger Lombertie, maire de Limoges, Marie-Françoise Pérol-Dumont, sénatrice de la Haute-Vienne, Jean-Pierre Limousin, président de l’association de promotion du TGV Poitiers-Limoges-Brive, Jean-Claude Leblois, président du Conseil départemental 87, Jean-Louis Nesti, président de la CCI de la Corrèze, Alain Rodet, député de la Haute-Vienne, Michel Caniaux, délégué général d’Altro, Jean-Claude Béchade, responsable d’Altro 87, et Bruno Genest, 1er vice-président de Limoges Métropole.

Téléchargez la lettre au président de la République signée Alain Rousset et Jean-Pierre Limousin

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LGV : Pourquoi participer à l’enquête publique est important

Publié le 16/11/2015

Ruralite > Transports >

Le projet LGV Poitiers-Limoges se poursuit. Depuis l’an dernier, des commissions d’aménagement foncier se sont réunies le long du tracé de la ligne afin d’arbitrer la gestion des zones agricoles et forestières, en tenant compte des contraintes environnementales. Pour permettre aux acteurs du terrain directement impactés par ce projet de s’exprimer à propos des conclusions de ces commissions départementales, des enquêtes publiques sont organisées dans les communes concernées par le projet. Les personnes intéressées sont vivement invitées à se mobiliser et à y participer !

L’ADE 86-87 (Association de défense des expropriés agricoles et forestiers de la Vienne et de la Haute-Vienne) a été créée en janvier 2010 par la volonté des organismes agricoles et forestiers de la Vienne et de la Haute-Vienne (chambres d’agriculture, syndicats agricoles, forestiers et de la propriété rurale, CRPF et Safer) et, par les exploitants et propriétaires impactés des deux départements par le projet de LGV entre Poitiers et Limoges.

Elle a pour objet de défendre les intérêts agricoles, forestiers et ruraux.

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