Limoges et son territoire vont passer à côté des assises de la Mobilité

Limoges et son territoire vont passer à côté des assises de la Mobilité

Publié le 17/11/2017

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Assises de la Mobilité. Après la parution du rapport Delebarre sur « l’accessibilité du Limousin et des territoires limitrophes », les assises de la Mobilité doivent permettre de dégager les grandes priorités du territoire mais les élus avancent en ordre dispersé. Un plan d’investissement public, détaillé région par région, va pourtant découler de ces assises, comme l’avait annoncé le président de la République lors de son passage en Haute-Vienne.

Les assises de la mobilité ont été officiellement lancées le 19 septembre. Dans son discours, la ministre chargée des Transports, Élisabeth Borne, assurait  : « Ce que nous voulons faire à travers ces assises, c’est d’abord écouter et débattre. (...) C’est reconnaître également que nous n’avons pas su répondre à tous les besoins de toutes les populations ni de tous les territoires. Et pour cela nous devons écouter les Français et leurs représentants. »

En Nouvelle-Aquitaine, trois réunions ont été organisées : une à Bordeaux sur la problématique métropolitaine; une à Confolens, axée sur territoires ruraux; une à Niort concernant les villes moyennes et périurbaines.

Vue depuis Bordeaux, la réunion de Confolens était organisée à cheval sur trois départements  : Vienne, Charente et Haute-Vienne. Pierre Dartout, préfet de la Région Nouvelle-Aquitaine, présent à cette réunion (voir ci-dessous), indique d’ailleurs que des problématiques haut-viennoises comme la RN 147 ont été évoquées à cette occasion.

Mais tout le monde n’avait pas été convié. Gérard Vandenbroucke, par exemple, président de Limoges Métropole, a, eu beau chercher, il n’a pas retrouvé d’invitation. L’élu avait pourtant pris les devants, avant même le lancement des assises, et en réaction au rapport Delebarre sur « L’accessibilité du Limousin et des territoires limitrophes », il avait écrit au Premier ministre Édouard Philippe. « Je n’ai pas eu de réponse, mais ce n’est pas étonnant, ils ont tellement de demandes », confie-t-il. Le courrier était parti le 7 septembre. Quelques jours avant, Gérard Vandenbroucke espérait encore qu’il soit cosigné non seulement par le président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, le président du Conseil départemental de la Haute-Vienne, les sénateurs de la Haute-Vienne et des représentants des acteurs économiques, mais aussi par les trois nouveaux députés de la Haute-Vienne.

« Il n’y a pas eu de front commun, regrette-t-il aujourd’hui. Le maire de Limoges n’a pas voulu signer et les députés ont finalement trouvé qu’on parlait trop de la LGV. »

Bande à part

Émile-Roger Lombertie regrettait notamment que cette initiative qu’il qualifiait « d’étroite » intervienne au moment où une contribution plus large était organisée. Treize parlementaires et onze maires et présidents de collectivités adressaient de leur côté, depuis Tulle, le 26 septembre, une contribution sur « L’accessibilité du Limousin et des territoires limitrophes ». Le document met en avant l’importance de la ligne POLT, rare élément sur lequel les nombreux signataires ont réussi à se mettre d’accord avec l’électrification de la ligne Poitiers/Limoges. Une ligne TER gravement menacée, comme l’a rappelé Alain Rousset lors de la dernière assemblée plénière de la Région le 23 octobre : « D’ici 2030, il y a sur les trains 1,2 milliards à dépenser, et 600 millions en urgence, sinon des lignes vont fermer : notamment Limoges-Angoulême, Limoges-Poitiers et Bergerac-Libourne. »

Programmation à 5 ans

Les élus du territoire avancent en ordre tellement dispersé que les assises de la Mobilité sont en train de se passer loin d’eux. Il ne s’agit pourtant pas de simples discussions. Derrière les assises a été mis en place un conseil d’orientation des infrastructures, présidé par Philippe Duron, bien connu en Limousin pour avoir rendu un rapport qui renvoyait le projet de LGV Limoges-Poitiers aux calendes grecques. « Ce conseil proposera une programmation du financement de nos infrastructuresprécisait le Premier ministre lors du lancement des assises, à la fois des nouveaux projets qui seront lancés et de l’entretien du réseau. Elle sera particulièrement détaillée pour les cinq premières années. »

Que va retenir Paris des demandes disparates limousines ? Difficile à dire. En première ligne, nos trois députés, qui auront à voter cette loi de programmation. Jean-Baptiste Djebarri a fait savoir sur son compte twitter qu’il « tiendrait une réunion publique à ce sujet début décembre ». Il n’a pas abandonné l’idée de faire rouler d’ancienne rames TGV sur la ligne Polt pour améliorer le confort des usagers, mais avoue qu’il « y a un coût important de (re)mise en service. C’est à l’étude dans le cadre des assises de la Mobilité. »

Action des députés

De leur côté, Marie-Ange Magne et Sophie Beaudouin-Hubière ont écrit le 24 octobre à la ministre chargée des Transports pour regretter « l’annulation de la réunion des assises de la Mobilité programmée à Limoges. Alors qu’une large concertation est mise en œuvre à l’échelle nationale dans le cadre de ces assises, nous tenons à vous faire part de nos regrets les plus vifs quant à cette décision. »

Le ministère des Transports n’a pas souhaité communiquer sur cette annulation et dit ne pas avoir connaissance de l’organisation d’une telle réunion. Selon nos informations, la ministre s’y est pourtant opposée, contrariée par la volonté de certains élus de toujours revenir à la LGV.

Suite à leur lettre, Élisabeth Borne a encouragé les deux parlementaires à organiser leur propre réunion. « Nous étudions très sérieusement cette possibilité, a reconnu Marie-Ange MagneC’est notre souhait, mais je ne sais pas si nous aurons le temps de l’organiser. Nous sommes en plein vote du budget à l’Assemblée nationale. » La députée a demandé à plusieurs reprises la date butoir pour l’envoi des contributions. « Mi-décembre », nous a indiqué le préfet de région Pierre Dartout.

Front uni

Sophie Beaudouin-Hubière continue d’espérer la création d’un front uni sur ces questions  : « Avec les élus locaux, nous avons des points d’accord. Il faut faire fi des positions politiciennes et être raisonnable sur la question de la LGV. Nous ne pensons pas abandonner l’idée d’être un jour raccordés à la grande vitesse, mais le président de la République s’est déjà exprimé sur le sujet ! La LGV ne doit pas être un axe de fixation. Nous devons réfléchir à toutes les solutions, à court, moyen et long terme. Sinon, comme par le passé, on finira par ne rien avoir du tout. »

Lors de son discours au lycée agricole des Vaseix, Emmanuel Macron avait répondu à des questions de la salle. Jean-Pierre Limousin, président du Ceser Nouvelle-Aquitaine, l’avait interrogé sur le désenclavement. Le président lui avait répondu : « Je ne vous promets pas un plan à 300 milliards d’euros d’infrastructures. Je ne suis pas pour promener les territoires de grand projet en grand projet. L’important est d’avoir la certitude que dans un point du territoire, on doit être au plus près, soit de la métropole qui a du sens pour nous, soit de la zone économique qui va tirer ce territoire. Il faut éviter les projets qu’on ne sait pas abandonner mais qu’on pousse comme une boule parce que ça fait des décennies qu’on les pousse et donc il faut continuer à mentir aux gens. »

STÉPHANE MONNET


Entretien. Pierre Dartout, préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, était à Confolens le 7 novembre pour l’atelier territorial
Confolens-Montmorillon-Bellac dans le cadre des assises de la Mobilité.

Mobilités : vers une nouvelle loi d’orientation

Quels sont les objectifs et le calendrier de ces assises de la Mobilité dont un des ateliers a fait escale à Confolens le 7 novembre ?

Pierre Dartout : Les assises se déroulent sous la direction du ministre chargé des transports. Chaque préfet de région a été chargé de trouver deux ou trois idées qui permettent de donner lieu à un débat sur le territoire. Chez nous, les trois idées sont : la métropole, les villes moyennes et les territoires ruraux. Sur chacun de ces thèmes, il s’agit de réfléchir aux différents aspects de la mobilité, aux besoins de la population, de s’inscrire dans un contexte de développement durable et de connexion aux nouvelles technologies, de sûreté et de soutenabilité. En Nouvelle-Aquitaine, nous avons fait le premier atelier sur la métropole à Bordeaux en octobre. Le 9 novembre a eu lieu à Niort, l’atelier sur les villes moyennes avec la problématique Niort-La Rochelle. Pour l’atelier sur les territoires ruraux, on a pensé avec les préfets de la Vienne, de la Charente et de la Haute-Vienne à engager une réflexion sur les trois arrondissements de Confolens, de Bellac et de Montmorillon. Concernant le calendrier, je dois faire une synthèse au ministre des propositions, notamment celles formulées dans le cadre des ateliers, à la mi-décembre. Avant de l’adresser, j’aurai un contact avec le président de la région et peut-être avec un certain nombre d’élus qui n’ont pas fait l’objet d’ateliers. J’attends aussi le résultat des réflexions engagées dans des ateliers organisés suite à des initiatives locales. L’objectif est d’avoir une nouvelle loi d’orientation des transports intérieurs. Une concertation interministérielle aura lieu avec des arbitrages et un texte sera soumis par le gouvernement au Parlement.

À Confolens, quelles étaient les préoccupations des participants et quelles pistes ont-ils privilégié ?

P-D : De nombreuses choses ont été abordées dans les six groupes de travail. Il est ressorti une exigence de solidarité à l’égard des personnes âgées, mais aussi vis-à-vis des plus jeunes et notamment des enfants dans le cadre du transport scolaire. Il existe aussi une volonté de trouver des solutions innovantes et pratiques. Par exemple, il a été dit dans deux groupes que les cars de transports scolaires ne sont pas toujours pleins. N’est-il pas possible d’en faire profiter des personnes âgées ou des actifs ? Cela me paraît une bonne idée. Cela nécessite une réflexion de la part des autorités organisatrices de ces transports. Il a bien sûr été question des infrastructures. On recense deux grandes lignes ferroviaires sur ce territoire : Angoulême-Limoges et Limoges-Poitiers. Il y a de la part des élus, mais pas seulement, une demande de rénovation de ces lignes de façon à ce qu’elles soient plus performantes. Certains élus, tout en reconnaissant une nécessité de rénovation technique, se demandaient s’il ne fallait pas choisir une gare par intercommunalité pour limiter le nombre d’arrêts et raccourcir le trajet.

Concernant les infrastructures routières, il existe aussi un important besoin d’amélioration sur ce territoire ?

P-D : La question des liaisons routières se pose dans des conditions assez différentes. D’abord, il y a la N 141 dont la mise à 2 x 2 voies est une affaire de quelques années. Le calendrier est celui du CPER, Contrat plan État-région. Nous avons passé un avenant avec le président de la région pour accélérer les choses. Ils restent les tronçons de part et d’autre de Roumazières et d’ici 2022, je pense que nous aurons réalisé la moitié de ce que nous devons faire pour un bouclage définitif à 2 x 2 voies. Il reste la N 147 où les travaux sont beaucoup moins avancés. Pour le Confolentais, la problématique est la traverse de la ville. L’axe nord/sud, Bellac-La Rochefoucauld, fait l’objet d’une déviation mais les deux autres axes, celui qui va vers Étagnac et Limoges d’une part, et celui qui va à Niort d’autre part, ne font pas l’objet de déviations, si bien que les camions empruntent la ville.

À propos de la RN 147, quel est l’échéancier pour l’amélioration du tronçon Limoges-Bellac ?

P-D : Les ateliers ne visaient pas à proposer un échéancier. Les deux CPER (Limousin et Poitou-Charentes) prévoient des travaux à la sortie de Limoges et à l’entrée de Poitiers, puis le contournement de Lussac-les-Châteaux. Pour l’instant, on en est là. Avec le temps, il faudra progresser sur la RN 147 comme ce fut le cas sur la RN 141.

Qu’en est-il de l’amélioration des lignes ferroviaires Limoges-Poitiers et Limoges-Angoulême ?

P-D : Des choses sont proposées dans les deux CPER, même si tout n’y est pas consigné. Les assises de la Mobilité ont le souci d’améliorer les liaisons du quotidien. Ici, nous sommes en présence de ce type de liaison. Beaucoup de personnes habitent à La Rochefoucauld et vont travailler à Angoulême, ou certaines personnes qui vivent à partir de Chabanais jusqu’en Haute-Vienne vont travailler à Saint-Junien, voire à Limoges. Ces lignes du quotidien apparaissent parmi les plus importantes. Ce qui est prévu dans les CPER à propos de ces lignes n’est que quelques points d’amélioration et non une amélioration globale qui nécessite une réflexion plus approfondie.

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