Oradour-sur-Glane : journée citoyenneté

Oradour-sur-Glane : journée citoyenneté

Publié le 01/06/2018

Ruralite >

Mémoire. Geneviève Darrieussecq a participé, en compagnie de 45 jeunes effectuant leur journée de défense et de citoyenneté et aux côtés de Robert Hébras, à une visite du site historique d’Oradour-sur-Glane.

Robert Hébras vient de raconter à un groupe de jeunes participant à leur journée de défense et citoyenneté (JDC) comment il a réchappé au massacre des habitants d’Oradour-sur-Glane, en ce lointain 10 juin 1944. « J’avais 19 ans, j’étais un tout petit peu plus vieux que vous, leur dit-il. Et j’étais certainement moins évolué... ». À son côté, Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, venue assister à la JDC, se tourne vers le survivant de 92 ans  : « Ça dépend où vous situez l’évolution... »

Robert Hébras (de dos) raconte à Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, son village avant la terrible journée du 10 juin 1944. (Ph. Stéphane Monnet)

Les échanges se poursuivent, Robert Hébras explique que 45 à 50 000 élèves de 3e passent chaque année à Oradour, qu’il ne peut pas tous les accompagner, mais qu’il fait son possible. Qu’il s’est vraiment impliqué dans ces visites lorsque le centre de la mémoire a été construit. « Ça n’a pas été trop dur d’accompagner des élèves dans les ruines du village ?interroge un jeune homme.
– Si, et c’est toujours difficile... Je reçois aussi des Allemands. Avec le temps, je me suis rendu compte que c’était des gens qui n’étaient pas responsables de ce qui c’était produit.
– Parce que vous étiez énervé contre eux avant ?
– Oui, j’ai eu la haine. Je suis passé de la haine à l’amitié.
 »

Tout au long de la visite, Geneviève Darrieussecq a insisté sur l’admiration qu’elle portait à Robert Hébras et auprès des jeunes sur l’importance de cette visite « racontée par quelqu’un qui a vécu les événements. » Très attentive, elle a découvert les ruines du village et le récit du survivant. Elle n’était jamais venue à Oradour-sur-Glane : « Cette visite a été un moment très émouvant pour moi. Les lieux, d’abord, sont très marquants. Et je les imaginais très bien dans leur configuration d’avant le 10 juin, parce que j’ai connu un tel village, le village de ma grand-mère. L’esprit village qu’il devait y avoir là, on le ressent très bien, et on ressent en même temps la désolation. Tout a été ravagé, tout est détruit. Avec un témoin, c’est encore plus fort, et entouré de jeunes, cela a donné une troisième dimension à cette visite. J’ai eu beaucoup d’émotion, beaucoup d’intérêt. »

Témoigner

Se tournant souvent vers la cinquantaine de jeunes participant à la JDC, avec lesquels elle avait eu un échange autour de son action gouvernementale et du retour possible d’un service national obligatoire, elle a demandé des précisions à Robert Hébras sur le déroulement des événements, s’est étonnée de la présence d’un tramway à cette époque-là, s’est émue, devant les restes de la grange Laudy aux mots du témoin  : « Le soir du 10 juin, c’est une autre vie qui commence. Moi j’avais eu la chance de vivre mon enfance entouré d’une famille. J’avais trois sœurs, j’étais le seul garçon, le chouchou... » Le soir du 10 juin, deux de ses sœurs et sa mère étaient mortes.

Geneviève Darrieussecq demande pourquoi Robert Hébras a tenu et tient encore à témoigner  : « Je l’ai fait comme ça, parce que j’ai considéré que je devais le faire. Vous savez pourquoi ? Lors de l’enterrement de madame Rouffanche*, elle est partie, elle n’a rien laissé, et je me suis dit : on va tous s’en aller, sans rien dire. Ça m’a donné encore plus de courage pour faire ce que je fais. »

À l’issue de la visite, le groupe conduit par Robert Hébras, toujours accompagné des jeunes de la JDC, de la ministre, du député européen, Jean-Paul Denanot, du secrétaire général de la préfecture, Jérôme Decours, du maire d’Oradour-sur-Glane, Philippe Lacroix, a observé une minute de silence devant le tombeau des martyrs.

STÉPHANE MONNET

* Marguerite Rouffanche est la seule rescapée du massacre de l’église. Elle avait témoigné lors du procès de Bordeaux en janvier 1953.

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