Assises de la mobilité : Le front commun se fait attendre

Assises de la mobilité : Le front commun se fait attendre

Publié le 12/10/2017

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Assises de la mobilité. La ministre des Transports a reçu des élus locaux concernés par le rapport Delebarre sur le désenclavement du Limousin et des territoires limitrophes pour une réunion qui a débouché sur pas grand-chose.

Après le rapport du sénateur Michel Delebarre sur le désenclavement du Limousin et des territoires limitrophes, paru en catimini durant l’été, les élus locaux se sont mobilisés. En ordre un peu dispersé.

La première salve a été tirée par Gérard Vandebroucke, président de Limoges Métropole, qui, dans un courrier du 7 septembre cosigné par de nombreux élus1, s’étonnait des solutions proposées dans le rapport et indiquait au Premier ministre : « Même si nous n’ignorons pas que votre agenda est extrêmement chargé, nous sollicitons un rendez-vous dans les meilleurs délais afin de pouvoir échanger avec vous sur ce dossier qui nous tient particulièrement à cœur. »

Le maire de Limoges et les trois députés de Haute-Vienne ne s’étaient pas associés à cette démarche. Le 26 septembre, Émile-Roger Lombertie rendait public le courrier qu’il avait envoyé à Gérard Vandenbroucke pour décliner sa proposition de lettre commune, estimant : « En l’état actuel, ce projet me semble insuffisant, notamment parce qu’il ignore la Creuse, la Corrèze, la Dordogne et l’Indre. En ce sens, il témoigne d’une vision qui me semble étroite et peu susceptible d’entraîner l’adhésion de l’État. »

Suivant cette idée, le maire de Limoges avait rassemblé son propre contingent d’élus2 pour écrire, non pas au Premier ministre, mais au président de la République. Son courrier, très axé sur la ligne Polt, ne mentionne ni les routes ni les aéroports, les élus signataires n’ayant réussi à trouver un consensus que sur le terrain du ferroviaire.

Élisabeth Borne, ministre chargée des Transports (Ph. Arnaud Bouissou - Terra).

Jeudi 28 septembre, Élisabeth Borne, ministre chargée des Transports, a reçu plus d’une trentaine d’élus locaux concernés par les prescriptions du rapport Delebarre. À l’issue de cette réunion, elle a publié un communiqué de presse laconique : « Cette réunion a permis d’échanger collectivement sur ces conclusions, en présence des élus de l’ensemble des territoires concernés, des services de l’État (préfets, administration) et des représentants de la SNCF. Élisabeth Borne a réaffirmé sa détermination à améliorer la qualité de la desserte et de l’accessibilité de cette région. (...) Elle a demandé à SNCF Réseau de présenter un programme de modernisation de la ligne existante entre Poitiers et Limoges ainsi que les gains qui en résulteraient en matière d’accessibilité. Elle s’est engagée à étudier les modalités d’une desserte aérienne adaptée aux besoins des territoires, et notamment de Limoges. »

Un point au printemps

« Un point sera fait au printemps 2018 sur l’ensemble de ces sujets, et notamment sur le schéma directeur de la ligne Polt en cours de préparation, ainsi que sur le programme qui pourrait être mis en œuvre pour la mise à niveau de la ligne existante afin d’accéder à la LGV SEA via Poitiers. »

Jean-Claude Leblois, présent à la réunion, constate qu’avec « 35 personnes autour de la table, pour arriver à tous les entendre et avoir une synthèse, c’était mission impossible, mais on le savait quand on est entréq au ministère ».

Le président du Conseil départemental n’a pas abandonné l’idée d’une liaison ferrée à grande vitesse avec Paris. « Notre territoire ne peut pas se développer sans une liaison à la grande vitesse. Il nous faut convaincre tous les opposants à ce projet, mais cette idée doit être maintenue, peut-être pour une génération après nous, mais on n’a pas le droit d’abandonner notre territoire. »

Les députés de Haute-Vienne, qui seront en première ligne pour défendre les projets locaux lors des Assises de la mobilité, ne semblent pas sur cette ligne (voir ci-contre le point de vue de Marie-Ange Magne) et, à l’instar du président de la République, à la recherche de solutions à court ou moyen terme.

Lors du dernier conseil communautaire de Limoges Métropole, qui a eu lieu à Condat-sur-Vienne le 3 octobre, les élus ont voté un vœu « relatif à la Loi de programmation sur la mobilité ». Ce vœu reprend les grandes lignes déjà développées par Gérard Vandenbroucke dans son courrier du 7 septembre. Le président de Limoges Métropole a d’ailleurs rappelé qu’il ne croyait absolument pas à la possibilité de moderniser la ligne TER Limoges-Poitiers pour avoir un accès profitable à la LGV SEA. « C’est un projet coûteux qui ne fera pas gagner grand-chose », a-t-il déploré.

Alors qu’on pouvait s’attendre à ce que le maire et la majorité de Limoges ne votent pas un vœu qui ressemblait à s’y méprendre au courrier envoyé le 7 septembre sans la signature du maire, Émile-Roger Lombertie a fait une courte déclaration : « Je vous remercie de ce texte qui va dans le bon sens » et demandé de menus aménagements. Le vœu a été adopté à l’unanimité, moins une voix : celle de Jacques Sertorio, premier adjoint de Peyrilhac, commune qui s’est toujours opposée au projet de LGV.

STÉPHANE MONNET


Pour Marie-Ange Magne, la LGV « n’est plus à l’ordre du jour »


La députée de la 3e circonscription de la Haute-Vienne faisait évidemment partie de la délégation reçue au ministère des Transports. Elle a trouvé la réunion « intéressante. Cela nous a permis de faire le point, au début de notre mandature, sur le thème du désenclavement du territoire. C’était une réunion dense et personne n’a eu beaucoup le temps de parler, pas même la ministre qui a été très brève. Elle ne s’est pas exprimée autant que je l’aurais souhaité. »

Le 26 septembre, la députée avait cosigné un courrier initié par le maire de Limoges et demandant à la ministre d’améliorer la ligne Polt, car elle estime que la LGV « n’est plus à l’ordre du jour ».

Dénonçant l’inconfort actuel de la ligne Polt, « c’est un temps de trajet inutile, on ne peut même pas travailler confortablement », la députée n’est pas opposée à l’idée de faire rouler d’anciennes rames TGV sur cet axe, « si nous avons l’assurance d’avoir, à court terme, de nouvelles rames. Je veux des assurances sur ce point. Pour l’instant, le calendrier du renouvellement du matériel roulant reste à préciser. La modernisation et la sécurisation de cette ligne sont une priorité. D’autre part, aujourd’hui, il faut autant de temps pour aller de Paris à la gare Saint-Charles que pour faire Paris-Limoges ! Il faut réduire le temps de trajet, des propositions devront être faites dans le schéma directeur du Polt début 2018 ».

L’élue se dit également extrêmement vigilante sur le dossier de la RN 147. « C’est une priorité sur ma circonscription. Je dois voir le cabinet de la ministre à ce sujet. J’ai travaillé à Bellac, cette route est particulièrement anxiogène. Je pense que les élus du département sont d’accord pour pousser ce projet et que nous trouverons un consensus pour le faire avancer. »

PROPOS RECUEILLIS PAR STÉPHANE MONNET

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