RN147 : À quel jeu joue le préfet de Région ?

RN147 : À quel jeu joue le préfet de Région ?

Publié le 19/01/2018

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Mobilité. Alors que le conseil d’orientation des infrastructures, mis en place dans le cadre des assises de la mobilité, n’a pas rendu ses conclusions, le nouveau préfet de Région a annoncé que la RN147 ne faisait pas partie des priorités.

Le nouveau préfet de Région, Didier Lallement, était en déplacement dans la Vienne jeudi 11 janvier. Interrogé par nos confrères de La Nouvelle République, il a indiqué que la RN147 n’était pas une priorité du gouvernement. « Le contrat de plan, rien que le contrat de plan », a déclaré Didier Lallement.

Didier Lallement, nouveau préfet de Région Nouvelle-Aquitaine. (Ph. Service de presse du préfet de Région)

Les calculs divergent parfois, mais à la vitesse des contrats de plan État/Région, il faudra plus d’une centaine d’années pour relier en 2x2 voies les deux anciennes capitales régionales. Un délai que le nouveau préfet ne semblait pas avoir en tête lorsqu’il a plaidé, lors du même entretien, pour la cohésion au sein de Nouvelle-Aquitaine : « Ce qui m’intéresse, c’est de montrer qu’il y a unité. Il est essentiel qu’il y ait une cohésion au sein du réseau des grandes villes comme Bordeaux, Poitiers et Limoges. »

Des déclarations qui ne sont pas passées inaperçues. Les premiers à réagir ont été Jean-Claude Leblois, président du Conseil départemental de la Haute-Vienne, et son homologue de la Vienne, Bruno Belin. Dans un communiqué publié le lendemain sous le titre « Je suis très en colère », Bruno Belin se demande « comment le préfet peut balayer d’un revers de la main une volonté affichée haut et fort par les élus des Départements concernés, sans aucune concertation préalable ? Il s’agit d’une regrettable erreur, en particulier dans la séquence que nous abordons de fusion des trois ex-contrats de Plan État/Région ».

Jean-Claude Leblois ne semblait pas moins remonté, d’autant plus qu’il venait de recevoir une lettre du Premier ministre lui assurant que le désenclavement de la Haute-Vienne était une « nécessité ».

Une loi mobilité en avril

Les déclarations du nouveau préfet de Région n’entrent dans aucun calendrier. Si la ministre des Transports, Élisabeth Borne, a bien clôturé les assises de la mobilité le 13 décembre dernier, le conseil d’orientation des infrastructures, présidé par l’inamovible Philippe Duron, n’a toujours pas rendu sa copie qui doit pourtant déboucher sur une planification et un financement de nos infrastructures pour les dix prochaines années, avec un plan détaillé pour les cinq premières années.

Un calendrier qu’a tenu à rappeler le député Jean-Baptiste Djebbari sur son compte twitter : « Ce n’est pas le préfet de Région qui fait la loi. Celle-ci sera votée à compter d’avril. » Il nous a précisé que la sortie du nouveau préfet de Région l’avait étonné et qu’il avait bien l’intention de le rencontrer « et faire valoir nos arguments. Je suis en désaccord avec son analyse et sa proposition ». L’élu de la République en Marche en profitait pour dénoncer l’attitude et la réaction de Jean-Claude Leblois : « On peut s’interroger, s’insurger et interpeller sans cesse. Ou s’engager, être proactif, faire des choix et les assumer. Je regrette que Jean-Claude Leblois choisisse la première voie. »

La députée Marie-Ange Magne, particulièrement concernée par le dossier, qui avait été la seule à organiser une réunion publique à ce sujet dans le cadre des assises de la mobilité, a également déploré les attaques de Guillaume Guérin, premier adjoint de la ville de Limoges et conseiller régional : « À l’instar de Vincent Léonie et Émile-Roger Lombertie qui travaillent avec nous sur le projet d’Hyperloop, venez travailler avec nous sur le dossier RN147. Cela vous évitera de gaspiller votre énergie en critiques et incantations improductives. » Ce dernier lui a répondu lors d’un point presse tenu à la mairie de Limoges mercredi 17 janvier : « Madame Magne m’invite à travailler, mais c’est elle qui a été élue, c’est à elle de se bouger et d’écrire au Premier ministre. J’attends des investissements majeurs pour notre territoire, comme elle l’avait indiqué noir sur blanc dans ses tracts de campagne. Nous attendons une mobilisation forte de la part de nos députés, mais ils n’ont pas l’air de peser beaucoup à Paris. »

On n’a pas été entendus

Le maire de Limoges, très modéré dans ses propos, a insisté sur l’étonnement que lui ont procuré les propos du nouveau préfet : « Les conclusions des assises de la mobilité ne sont pas tirées qu’on nous annonce que nous n’aurons pas la 147. On a l’impression que les conclusions étaient faites avant et que ce que nous avons pu dire, avec courtoisie, en ce qui concerne le maire de Limoges, et sa majorité, n’a pas été entendu à Paris. Que ce qu’a dit le président Massy n’a pas été entendu. Que nos députés n’ont été ni entendus ni suivis. Je lance maintenant un appel au gouvernement et à nos députés, pour qu’ils défendent en séance à l’Assemblée nationale une action volontaire de l’État pour sortir de cette voie rétrécie et dangereuse… »

Nous avons tenté de savoir si les propos du préfet faisaient partie des premières conclusions des assises de la mobilité. Le ministère des Transports nous a indiqué qu’il n’avait pas le temps pour l’instant de traiter notre demande. Quant au service de presse de Matignon, à peine aimable, il nous a assuré que nous aurions une réponse à cette interrogation sans préciser de délai.

Le préfet de Région, Didier Lallement, devrait effectuer prochainement un déplacement en Haute-Vienne. Le 25 janvier est l’une des dates avancée. Peut-être apportera-t-il des précisions à sa prise de position très décalée par rapport aux discours tenus lors des assises de la mobilité. Le Premier ministre, Édouard Philippe, avait ainsi déclaré en ouverture des assises, le 19 septembre 2017 : « La seule question qui vaille lorsqu’on est un responsable public, national comme local : de quels transports les Français auront-ils besoin d’ici 10 à 20 ans ? Quels sont les urgences à traiter ; les points noirs à résorber ; les inégalités à corriger, les nouveaux services à prévoir, en lien avec l’évolution du pays et de ses territoires ? »

Il avait également fait remarquer, comme le président Emmanuel Macron l’avait fait lors de son déplacement en Haute-Vienne : « Certains gouvernements ont beaucoup promis. Quand je dis beaucoup, je dis trop. Résultat : sur la durée du quinquennat qui commence, il manque environ 10 milliards d’euros. Sept milliards pour financer les nouveaux projets pour lesquels l’État s’est engagé ; trois milliards pour assurer la maintenance des réseaux. On aurait pu faire comme les autres : continuer à promettre en laissant le soin à nos successeurs de dire « stop ». Avec le président de la République, nous avons fait le choix inverse, celui de la sincérité : sincérité des promesses, sincérité des financements, sincérité des intentions, sincérité des objectifs. »

STÉPHANE MONNET

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