Vers une baisse de 5% du budget de la Pac

Vers une baisse de 5% du budget de la Pac

Publié le 17/05/2018

Agriculture > PAC >

RÉACTIONS DE DÉPUTÉS EUROPÉENS

(De g. à dr.) Éric Andrieu, Michel Dantin, Jean-Paul Denanot  (Ph. Europarl.)

Éric Andrieu

Porte-parole des sociaux-démocrates européens à l’Agriculture et au développement rural

« Rapporté en euros constants et à 27, c’est ni plus ni moins qu’une baisse de 17 % du budget de la Pac, dont 14 % pour le seul premier pilier, que nous propose Bruxelles ! [...] Depuis le début, je milite pour maintenir un budget de la Pac en euros constants. Pour répondre aux défis alimentaires, climatiques et environnementaux de demain, nous devons doter l’UE de moyens conséquents. [...] Sur 100 euros gagnés, un citoyen européen reverse, en moyenne, 50 euros en impôts et cotisations sociales, dont un seul sert à financer le budget de l’UE. 49 euros restant dans les capitales des pays de l’Union, ce n’est pas acceptable ! Au moment où des États comme la Chine ou le Brésil augmentent leur budget en matière de politique agricole et alimentaire, il est complétement inconscient de la part de la Commission européenne de proposer une telle baisse ! À l’instar de ces États-continents, il est urgent que l’Europe mette en place un vrai plan stratégique de souveraineté et de sécurité alimentaire à moyen et long terme. Au xxie siècle, nos concitoyens ne devraient pas à avoir à choisir entre leur sécurité alimentaire et leur sécurité tout court ! Dans tous les cas, on ne fera pas l’économie d’une réforme de la Pac. »

Michel Dantin

Vice-coordinateur du groupe PPE à l’Agriculture et au développement rural

« La Commission européenne propose en fait une baisse de 15 % du budget de la Pac : une baisse de 11,5 % du soutien direct aux revenus des agriculteurs et des mesures de marchés en euros courants et une baisse de 25 % du financement des mesures du développement rural. C’est une très mauvaise nouvelle. La Politique agricole commune sera amputée de plus de 100 % de sa part liée au coût du Brexit (estimée à 2,7 milliards d’euros – 19 milliards sur la période budgétaire). Pire, la Pac va être sabordée pour financer d’autres politiques.

La Commission utilise en effet des arguties budgétaires pour avancer masquée : en exprimant la baisse budgétaire en euros courants, elle cache la baisse annuelle liée à l’inflation qui automatiquement mènera à une baisse supplémentaire des paiements directs de 5,8 % en 2022, 7,6 % en 2023… jusqu’à 15 % en 2027. C’est un hold-up organisé, le casse du siècle à hauteur de 8,5 milliards d’euros.

Je suis sidéré par ces annonces qui, à terme, conduiront à une baisse dans les mêmes proportions des revenus agricoles en France et en Europe et à un abandon total des campagnes et des zones de montagne. Je ne parle même pas des faillites et autres situations précaires que ces baisses vont engendrer. La Commission est irresponsable : alors qu’elle entend demander aux agriculteurs de faire des efforts supplémentaires en termes de protection de l’environnement, elle leur inflige une double peine : augmentation de leurs coûts de production et baisse des aides. En dépit des réactions fortes exprimées par le président de la République et le gouvernement, la France n’a pas été suffisamment claire ces derniers mois et les agriculteurs en paient l’addition. Je m’emploierai au Parlement européen à combattre cette proposition. ».

Jean-Paul Denanot

Membre de la commission Agriculture et développement rural

« Nous sommes inquiets de cette diminution d’autant plus que nous souhaitions de nouvelles aides pour accompagner des évolutions des pratiques culturales qui sont dans le projet mais le problème du financement est posé. Le commissaire Hogan et la commission agricole ont bataillé pour maintenir le niveau de financement de la Pac sans avoir les résultats escomptés. Au Parlement, nous préparons un rapport pour bien marquer notre volonté de maintenir la Pac au moins au niveau de la précédente. C’est le sens des amendements que j’ai portés. Il y a un large consensus sur ces questions. Sur le fond du projet de la Commission, il y a des choses qui vont dans le bon sens, notamment le plafonnement des aides dont on parle depuis longtemps. L’idée est enfin sur la table. Ce plafonnement est pondéré par l’emploi et c’est un dossier que notre groupe a largement porté pour que l’on tienne compte de l’emploi en agriculture.

Notre inquiétude majeure est celle du risque de la renationalisation de la Pac. L’idée de la Commission est que le premier pilier fasse l’objet de la même mécanique que le deuxième pilier, c’est-à-dire que les États fassent un projet soumis à la Commission et qui sera mis en œuvre en fonction des orientations de l’UE. Il pourrait y avoir une interprétation diverse entre les États et que la politique agricole n’ait plus de commune que le nom. Il y a des risques de concurrence mais aussi la question des pratiques agricoles.

La formation des prix est un sujet de préoccupation. Il faut que ce soient les agriculteurs qui forment les prix en fonction de ce que ça leur coûte et du revenu dont ils ont besoin, c’est l’idée qu’on a poussée. Cela fait partie des questions prioritaires pour nous, avec l’emploi, et cette priorité est partagée par la Commission. Après, il y a la question du plan stratégique de chaque État et on voit mal comment on mettra de la cohérence entre ces plans, d’autant que les États ont la possibilité de les confier aux régions. Celles-ci portent aujourd’hui le deuxième pilier et elles pourraient faire aussi des propositions pour le premier pilier. Cela risque de faire 250 PDR sur ce premier pilier, ce qui poserait un certain nombre de problèmes. On complexifierait au lieu de simplifier. »

Annonces légales

Deposer une annonce légale

Déposez une annonce légale dans le journal L'Union Agricole

Éditions papier

Voir l'édition papier Consultez les archives de L'Union Agricole

Se connecter

Abonnement

Abonnez-vous

Et accédez dès à présent à nos services exclusifs

Je m'abonne au journal l'Union Agricole

Déjà abonné au journal l'Union Agricole

Saisissez votre numéro d'abonné ci-dessous

Déjà abonné

Déjà abonné au journal l'Union Agricole

Saisissez votre numéro d'abonné ci-dessous

Météo du Limousin

La météo Limoges Bellac Rochechouart Brive-La-Gaillarde Tulle Ussel Égletons Uzerche Guéret La Souterraine Bourganeuf Chambon-Sur-Voueize La Courtine
beau temps

17°

Limoges

Cotations

Jeunes bovins

Carcasses de veaux de boucherie
Elevé au pis rosé clair u

s.50 : 6,53 €/kg Augmentation

s.49 : 6,42 €/kg

Jeunes bovins

Bovins limousins à engraisser
Mâle u 300kg

s.50 : 2,65 €/kg Identique

s.49 : 2,65 €/kg

Jeunes bovins

Cotations gros bovins entrée abattoir
Vaches

s.50 : 4,60 €/kg

s.49 : €/kg

Ovins

Agneaux de boucherie
Prix moyen pondéré des agneaux

s.50 : 6,49 €/kg Augmentation

s.49 : 6.47 €/kg

Cotations complètes
- Service abonnés -