Agriculture

Retrouver des prairies productives

Haute-Vienne
Rencontres Ciirpo
Les sécheresses successives assorties de températures caniculaires ont entamé le potentiel des prairies. Appréhender le renouvellement de ces dernières est un point sensible.

Les effets du réchauffement climatique malmènent les prairies. De nombreux éleveurs en quête d'autonomie fourragère se posent la question de savoir quelle stratégie adopter pour les remettre en production. Une préoccupation qui a fait l'objet d'un atelier, le jeudi 24 septembre, à la Ferme du Mourier (87), dans le cadre des Rencontres du Ciirpo.

D'abord, il faut comprendre les raisons de la dégradation de ses prairies. Pour cela, un état des lieux est nécessaire. Cela implique d'observer le couvert végétal, son comportement, d'apprécier la superficie où la végétation fait défaut, avant d'identifier la flore en place, la part des graminées, lesquelles, les légumineuses, les plantes diverses sans grand intérêt fourrager.

Il est intéressant d'avoir une idée de la fertilisation de ses parcelles, surtout au niveau calcique et acidité des sols. « N'oubliez pas le tassement du sol. S'il est profond, il faudra jouer sur le travail du sol et les apports calciques pour l'amoindrir », rappelle Hervé Feugère, conseiller Herbe et fourrage, à la Chambre d'agriculture de la Creuse. Le mode d'exploitation de la prairie est le dernier point à apprécier, en déterminant le rythme des pâturages, leurs durées, les dates et stades de fauches, la gestion des refus.

À chaque prairie sa stratégie

À la suite de cet état des lieux, la stratégie de remise en état peut s'orienter vers trois options. Si de bonnes graminées type ray-grass anglais, fétuque élevée, dactyle, pâturin, fléole sont en place sur une prairie avec une densité à peu près homogène, il est préférable de modifier sa conduite pour l'améliorer sans y toucher. Cela passe par un jeu d'alternances entre la fauche et le pâturage, en privilégiant le pâturage tournant, voire cellulaire. Le couvert végétal peut ainsi taller et coloniser les zones peu fournies. « Laisser repartir la prairie d'elle-même ne signifie pas faire l'impasse sur la fertilisation, notamment en P et K », recommande aussi le conseiller.

Sur une prairie présentant de bonnes graminées mais avec de nombreux trous, un sursemis peut être envisagé, surtout sur sol pierreux. Les résultats sont aléatoires sur les autres types de sol. « Dans de nombreux cas, les éléments semeurs sont trop espacés, 15 cm d'écart pour ce type d'intervention, c'est trop. Et les outils spécialisés demandent un gros investissement, ce qui est un frein, d'autant plus qu'il est souvent difficile de rappuyer la graine pour assurer le contact avec la terre », estime Hervé Feugère.

Ressemer

Sur une prairie trop dégradée, ressemer reste la seule option possible. Selon les cas, l'éleveur peut être mené à détruire le couvert végétal restant pour ressemer sur sol nu. « Avec les fins de saison sèche, les dates de semis de prairies se trouvent décalées et lorsqu'ils sont menés sous couvert de méteil d'automne, il est possible de ressemer ses prairies jusqu'au 15 octobre, sur un sol plus humide, dans des conditions favorables à l'implantation », précise Hervé Feugère. Cette approche permet de semer la prairie dans une période idéale pour l'implantation du trèfle, en évitant le salissement, une problématique pouvant être récurrente lors des semis de prairies au printemps. Afin d'optimiser cette pratique, il faut pouvoir récolter précocement le méteil afin d'apporter de la lumière aux espèces fourragères le plus rapidement possible. Ainsi la prairie peut retourner dans le cycle de pâturage environ un mois après la récolte, au moment le plus propice pour la pousse de l'herbe.

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