Agriculture

Des highlands sur les hauteurs d'Ambazac

Haute-Vienne
vache highland
Longtemps, Nathalie Détré et Patrick Emery se sont occupés d'un centre équestre. Sans délaisser leurs chevaux, ils élèvent depuis 2011 des highlands, ces petites vaches écossaises à poils longs.

Parfois, on sait rapidement qu'une rencontre toute simple est belle. C'est un peu le cas quand on fait la connaissance de Nathalie Détré et Patrick Emery. Ils ont ramené de leur Picardie natale une douceur bleutée qui transparaît dans leur regard. Ils le reconnaissent volontiers, ils sont tombés amoureux du Limousin et, en particulier, des Monts d'Ambazac. C'est là-haut, sur les hauteurs de Saint-Léger-la-Montagne, qu'ils ont déniché une ferme où s'installer. Bien aidés par leur fille Winona, ils y élèvent des vaches. Mais pas n'importe lesquelles : les highlands, ces fameuses petites vaches écossaises aux longs poils qui donnent envie de les enlacer.

« Nous sommes un peu fous », avoue dans un sourire Nathalie Détré. C'est que la ferme qu'ils occupent depuis plus de deux ans était dans un sacré état lorsqu'ils l'ont acquise. Elle a nécessité beaucoup de travaux qui ne sont pas encore achevés à l'heure actuelle. Surtout, s'installer à Saint-Léger-la-Montagne, pour Nathalie Détré et Patrick Emery, ça voulait juste dire « tout reprendre à zéro ».

Pendant vingt ans, tous les deux ont tenu un centre équestre où Patrick était moniteur et Nathalie accompagnatrice. Ils vivaient alors à Fromental, à la limite avec la Creuse et s'étaient diversifiés en faisant de l'accueil touristique. « Nous avions 20 et 21 ans et nous avons été les plus jeunes exploitants de chambre d'hôtes de Haute-Vienne à l'époque », se souvient Nathalie Détré. Déjà, le couple proposait des randonnées à cheval à travers les Monts d'Ambazac. C'est bien le cheval qui est le point de départ de leur vie professionnelle, de leur passion, et même de leur vie de famille.

Cet amour du cheval, ils ne l'ont par perdu au cours des années. Simplement, Nathalie et Patrick ont eu envie d'évoluer dans leurs pratiques. Moins de cours, moins de compétition, plus de balades zen et nature et une activité complémentaire pour solidifier le tout. Pourquoi pas l'élevage ? Nos deux Haut-Viennois d'adoption adorent tout ce qui est celte et voient de nombreux points de comparaison entre l'Écosse et les Monts d'Ambazac, notamment les tourbières. Leur choix est fait, ce seront des highlands, des vaches des hautes terres. Ils acquièrent leurs premières bêtes en 2011. Pour résumer cette période de changement, Patrick jette quelques mots, sourire en coin : « On a eu notre crise de la quarantaine. »

A priori, Nathalie et son compagnon n'aiment guère les autoroutes, en tout cas les routes toutes tracées. Lorsqu'ils montent leur troupeau de highlands, les soubresauts de la crise immobilière sont encore là et ça ne leur facilite pas les choses. Ils louent des terres dans la vallée de la Gartempe et logent à Bersac-sur-Rivalier. Les vicissitudes de la vie les obligent à quitter les lieux, à chercher un autre endroit. Ce sera cette ferme au lieu-dit La Serre, à Saint-Léger-la-Montagne, qui produisait auparavant des volailles et du maraîchage.

« Quand les gens du hameau nous ont vus débarquer, ils nous ont dit qu'on était fous. » Décidément, cette douce folie leur colle à la peau. En tout cas, elle ne les décourage pas. Nathalie et Patrick retroussent leurs manches et se mettent au travail, avec l'aide précieuse de leur fille. Les chantiers avancent petit à petit. Les chevaux, dont des poneys shetlands - l'Écosse, toujours -, prennent leurs aises dans les prés et bois de la ferme, une boutique s'aménage... Et la Covid contrariera tous ces plans. L'activité de randonnée se retrouve bloquée.

Heureusement, l'élevage de highlands est là. Même si le départ à Saint-Léger-la-Montagne a obligé les éleveurs à baisser leur cheptel. « Nous avons eu jusqu'à 50 vaches, précise Patrick Emery. Aujourd'hui, nous en avons 23 et il est possible que nous en conservions trois ou quatre de plus. » « Cette vache a tellement de qualité », se réjouit Nathalie Détré. De plus, les deux agriculteurs ont choisi une conduite d'élevage qualitative. « Nous amenons nos bœufs jusqu'à 3-4 ans, tout en bio et alimentés uniquement à l'herbe et au foin », détaille Nathalie, qui est la cheffe d'exploitation. Après abattage et découpe, les deux éleveurs réalisent la transformation en terrines et autres salaisons au laboratoire du lycée agricole des Vaseix. Tout est écoulé en vente directe, à la ferme ou dans des boutiques de producteurs, comme celle d'Ambazac.

Perchés sur leur montagne, Nathalie et Patrick parlent des lieux qui les entourent en caressant l'encolure poilue d'une de leurs génisses et leurs mots sont déjà une invitation au voyage.

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