Agriculture

La liberté d'entreprendre

Haute-Vienne
Patricia Mingotaud, exploitante à la ferme du Fardissou à Saint-Genest-sur-Roselle.
Trois ans après le début de son projet d'installation en agriculture, Patricia Mingotaud revient sur son parcours. Sa passion, les plantes médicinales.

« Il s'agit surtout de ma reconversion professionnelle », raconte Patricia Mingotaud, agricultrice et cofondatrice, avec son mari Gérard Degot, de la Ferme de Fardissou à Saint-Genest-sur-Roselle. Cette ancienne directrice de l'office de tourisme d'Eymoutiers a toujours été passionnée par les plantes médicinales. Malheureusement « ce n'était pas une activité crédible » au sein du milieu agricole dont elle est issue. Elle a alors exercé dans le tourisme pendant « 21 ans, 9 mois et 6 jours », précise-t-elle. Puis, c'est avec la rencontre de son mari Gérard Degot, il y a treize ans, qu'elle entame sa « deuxième partie de vie ». Incitée et encouragée par ce nouveau partenaire, elle décide d'explorer sa passion et d'en faire son métier. L'aventure agricole démarre alors en 2010 par des rencontres professionnelles, des stages, des formations. La future installée lance en 2012 toutes les études économiques et juridiques de son projet. En 2014, elle démarre son activité agricole en tant que béticultrice (récoltante de sève de bouleau). Après deux ans de recherche, le couple visite enfin en 2016 le terrain rêvé pour s'installer : 23 ha d'un seul tenant, des haies naturelles, des arbres majestueux, des points d'eau, un accès privé, bref « le coup de cœur ». Ce n'est toutefois pas les 5 à 7 ha prévus initialement. Patricia et Gérard décident à ce moment de s'associer : « Il fallait revoir le projet à la hausse. » Il ne restait plus que la validation du projet par le Crédit Agricole d'Eymoutiers, en 2017. Ce n'est qu'au 1er juillet 2018 que le couple emménage au Fardissou à Saint-Genest-sur-Roselle. La nouvelle vie commence.

Un vrai lieu d'accueil

Trois ans après, tout est planté, « il n'y a plus qu'à ». Leur exploitation est pluridisciplinaire puisqu'en plus de la récolte de sève de bouleau, « nous avons des arbres médicinaux, des frênes, des aubépines, des châtaigniers, des hêtres, des petits fruits rouges, myrtilliers et framboisiers. Il y a également un verger bio pour notre consommation personnelle et aussi pour faire du vinaigre de cidre via la macération de plantes. Nous prévoyons également l'installation d'un élevage ovin ». L'autre gros volet du projet est bien entendu les plantes médicinales. L'agricultrice est d'ailleurs en train de construire un jardin de simples, tel que cela se faisait dans les monastères médiévaux, afin de proposer aux futurs clients, d'ici cet été, une visite pédagogique présentant les différentes propriétés des plantes. « Par exemple, l'hélichryse a des vertus contre les hématomes », souligne la passionnée.

L'autre outil pédagogique à la Ferme de Fardissou sera un parcours botanique. « Il s'agira d'un parcours à la découverte des arbres.* » L'idée à terme est de le baliser et d'en faire un parcours libre. « Je vois la ferme comme un vrai lieu d'accueil. Le but est que les visiteurs puissent passer une après-midi sur la ferme, faire la visite pour finir à la boutique ou au salon de thé pour déguster un smoothie à la framboise ou un sirop », imagine la cheffe d'entreprise avec excitation. La visite à la Ferme de Fardissou sera également ouverte à la clientèle professionnelle puisque dans le bâtiment, encore en construction (voir photo ci-dessous), des salles de réunion seront disponibles à la location, « mais pas avant septembre ou octobre ».

Avec le recul, Patricia Mingotaud n'a aucun regret quant à son changement de vie. « J'ai quitté un statut de presque fonctionnaire mais être son propre dirigeant offre une liberté qui n'a pas de prix », se réjouit-elle. L'ex-directrice d'office de tourisme a conservé son réseau, « mais je suis passée de l'autre côté », s'amuse-t-elle.

Après la dure période que la filière agricole a vécue durant le premier confinement en mars dernier, l'agricultrice reste optimiste. « Les agriculteurs ont su s'adapter, les circuits courts ont très bien fonctionné » et les consommateurs ont joué le jeu. Le couple d'agriculteurs ainsi que leur salarié font leur maximum pour proposer des produits de qualité tout en respectant des valeurs d'économie locale. Ils espèrent que l'engouement des consommateurs pour les circuits courts va durer et « qu'ils ne vont pas nous oublier ».

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