Agriculture

Coopérative cherche partenaire

Haute-Vienne
AG de la CIAEL
C'est à travers des partenariats que la CIAEL compte trouver des solutions pour améliorer sa situation financière, tout en continuant d'attirer des éleveurs.

D'un geste, il relève ses lunettes et du revers de la main, avec discrétion, essuie ses yeux. Jean-Pierre Boulesteix l'annonce avec des mots simples : « Il est temps pour moi de passer la main et de ne pas faire le mandat de trop, je laisse donc ma place. » Voilà, c'est dit : après 32 ans de présidence, le président de la Coopérative d'insémination animale et d'élevage du Limousin (CIAEL) a dirigé les travaux de sa dernière assemblée générale, jeudi 25 mars, au Pôle de Lanaud. Dans des conditions dictées par les précautions sanitaires pour préserver les participants de la Covid-19.

« Nous avons eu plusieurs résultats déficitaires, reconnaît Jean-Pierre Boulesteix. Mais là, c'est trop et nous devons absolument réduire ce déficit et rechercher un équilibre financier. » Il s'agissait pour le président de la CIAEL de justifier la hausse des tarifs décidée à l'automne. En effet, les résultats comptables laissent apparaître un déficit de 63 605 euros, au 30 septembre 2020, qui fait suite à un exercice déficitaire de - 56 469 € l'année précédente.

Pourtant, les responsables de la coopérative d'insémination ont dressé le bilan d'une campagne satisfaisante mais pas suffisante. Ainsi, en élevage bovin, la CIAEL a réalisé près de 12 400 IAP, mais en retrait d'un peu moins de 1 %. Cela concerne 650 élevages, en allaitants ou laitiers. Mais la part des exploitations faisant appel à l'IAP reste en deçà du niveau nécessaire à la diffusion du progrès génétique. Ainsi, en limousine, l'activité a progressé de 2,5 %. En revanche, en prim'holstein (- 8 %) et en normande (- 4,61 %), cette activité baisse.

Un panel d'outils

Pour convaincre les éleveurs d'utiliser ses services, la coopérative propose tout un panel d'outils facilitant l'insémination, la surveillance des chaleurs ou encore la bonne conduite de la gestation. « C'est une offre très complète de services qui permettra à nos techniciens inséminateurs d'être les spécialistes de "proximité" de la génétique et de la reproduction », se félicite le président de la CIAEL.

Jean-Pierre Boulesteix, dans son rapport d'orientation, s'inquiète de préserver les acquis « au niveau des schémas de sélection de la race limousine ». Il souhaite que la station de Moussours, en Corrèze, devienne « la station expérimentale de la race et un exemple pour les autres races allaitantes », notamment face à une concurrence mondiale. Les responsables de la coopérative estiment que seuls des partenariats lui permettront de résister aux futures évolutions des métiers de la génétique. Même si la pandémie en 2020 a retardé les travaux, « nous pensons toujours que notre partenaire naturel est le groupe Altitude », a révélé le président de la CIAEL. Il espère voir un aboutissement de cette réflexion cette année tout en confirmant : « L'intérêt des éleveurs doit rester notre priorité. »

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