Agriculture

Gestion variable selon les acheteurs

Haute-Vienne
Trois opérateurs travaillent avec les producteurs de lait sur le département, deux privés et une coopérative. La gestion varie et les éleveurs s'impliquent pour sortir leur épingle du jeu.

Miser sur le lait équitable

Ils étaient à Lactalis depuis de longues années et puis l'histoire s'est terminée l'an dernier, au mois de février. « En tant que membre de l'OP de Lactalis, je pouvais rester chez eux pour livrer sur une autre unité ; finalement, on a opté pour la laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel (LSDH) », indique Frédéric Beau, du Gaec de Raverlat, aux Salles-Lavauguyon. « Au départ, le prix du lait conventionnel était assez proche des autres. On a eu une bonne négociation, ça a été long et compliqué. Pendant 6 mois, on a assuré le passage à une production sans OGM et aujourd'hui, c'est opérationnel », poursuit-il. Le Gaec commercialise 70 % de son lait en conventionnel et 30 % en lait équitable sous la marque C'est qui le patron et pour la filière qualité Carrefour. « Notre objectif est d'aller à 50 % de lait équitable », ajoute Frédéric Beau. Le prix de base : 335 euros/1 000 litres en conventionnel et 390 en lait équitable, avec un bémol : « On est majoré à 34 de TP. » Et puis, « c'est à nous, les éleveurs de trouver nos débouchés », conclut-il.

Compter sur le fromage

La laiterie Chavegrand valorise le lait via ses fromages, dont Le petit grignoteur. « Le prix de base en qualité super A est de 320 euros les 1 000 litres », note Hervé Rault, du Gaec de la Grange à Feytiat. À ce prix de base, défini par la construction du marché et les contrats de filières, s'ajoutent des suppléments liés à la matière grasse, aux protéines, ainsi qu'aux taux de cellules et de butyriques. En plus, « aujourd'hui, toutes les laiteries se lancent dans des contrats tripartites. Nous avons adhéré au contrat Lidl, on produit du lait sans OGM qui nous assure entre 15 et 20 centimes de plus au litre. Ce type d'engagement arrange bien la situation », remarque Hervé Rault.

Sébastien Grangette, en Gaec à Rilhac-Rancon, livre lui aussi à Chavegrand. Le prix de base est le même que l'an dernier. « On n'a pas de contrainte de production. Donc on produit ce qu'on a à produire. Comme l'an dernier, la sécheresse a impacté nos maïs ensilages, on ne force pas trop les vaches, d'autant plus qu'on fait attention aux achats extérieurs car le prix des aliments a augmenté. On est vigilants en espérant qu'au second semestre les prix du lait vont remonter », indique-t-il.

Des prix lissés en coop

Paul Huffschmitt, du Gaec de Leyraud à Nexon, est adhérent à Terra Lacta.

« Les prix de base annoncés par la coopérative pour le deuxième trimestre sont de 332, 340 et 348 euros pour 1 000 litres. Ils étaient de 330, 327 et 327 pour 1 000 litres en janvier, février et mars. Ils sont annoncés à la hausse, c'est plutôt surprenant car en général au printemps les prix baissent un peu car la production augmente », remarque-t-il. Une explication : peut-être la baisse de production en France et en Europe, ou bien la hausse des produits industriels... « L'an dernier, les prix ont diminué en été, cette année, on verra. Peut-être que la laiterie va conserver des prix intéressants pour ne pas faire exploser la production. Car quand il y a trop de lait, il est difficile de le valoriser », observe-t-il. Et puis Terra Lacta n'applique pas la saisonnalité et les prix sont plutôt lissés sur l'année. Quoi qu'il en soit, prix de base et suppléments permettent d'approcher les 380 euros/1 000 litres. « On est en dessous des coûts de production qui sont de 400 euros/1 000 litres, mais ce n'est pas si mal », note Paul Huffschmitt.

À Terra Lacta, il n'y a pas de cahier des charges spécifique. Il y a une zone AOP Poitou-Charentes et une zone hors AOP, où se situe l'exploitation du Gaec. « Notre lait livré au site des Fayes est en grande partie transformé en Auvergne (à Theix pour le lait UHT et à Auzances pour faire le beurre des Fayes). » Aujourd'hui, il espère que l'usine va bientôt trouver un nouveau site, se moderniser pour que le lait des Limousins soit conditionné sur place !

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