Agriculture

Des marchés en demi-teinte

Haute-Vienne
Vaches et veaux au pré
Si en vaches tout se passe plutôt bien, les marchés en jeunes bovins et en broutards s'avèrent difficiles.

"En vaches de boucherie, on travaille normalement, indique en préambule Guillaume Moreau, technicien à Sofrelim. Les prix sont maintenus sur toutes les catégories avec une demande normale, même si en vaches elle est un peu inférieure à celle observée pendant le confinement", poursuit-il.

Par contre, la situation est très tendue en jeunes bovins. "Les cours sur ces animaux sont en baisse depuis un bon mois et demi. Sofrelim a d'ailleurs remis en route sa caisse de péréquation depuis environ 3 semaines afin de limiter la baisse des prix en élevage", note Guillaume Moreau. Le marché italien en viande de jeune bovin français est difficile car confronté à la concurrence de carcasses de jeunes bovins espagnols proposés à des prix défiant toute concurrence. Parmi les autres débouchés, un accord avec le Moyen-Orient n'a pas pu être passé. Aujourd'hui, "il y a peu de perspectives et la tension est à son comble puisque le stock d'animaux en ferme est élevé et les éleveurs aimeraient sortir leurs jeunes bovins à cause des chaleurs estivales", complète Guillaume Moreau.

Broutards : un marché italien difficile

Du côté des broutards, la situation n'est pas simple non plus. "En ce moment, le marché du broutard est très très tendu sur l'Italie, aussi bien en mâles qu'en femelles", indique Stéphane Deconchat, technicien en charge de ce marché à Sofrelim. Dans ce pays, qui est le principal débouché sur ce créneau, l'activité économique n'a pas encore repris, il y a un gros problème de consommation et les sorties des jeunes bovins des ateliers d'engraissement se font mal. Les difficultés économiques rencontrées par les Italiens suite à la pandémie de Covid-19 n'arrangent pas la situation ainsi que l'importation de carcasses de jeunes bovins issues d'Espagne à des coûts prohibitifs. "Les Espagnols nous achètent des broutards qu'ils engraissent et, en absence de marché sur le Maghreb, ils cassent les prix et les envoient sur l'Italie !", souligne-t-il. Du coup, "nos broutards partent moins vite de nos exploitations et moins chers !", ajoute-t-il.

Et ce n'est pas tout. Pendant près d'une semaine, Stéphane Deconchat a sillonné le nord de l'Italie, pour rencontrer ses clients. Ce qu'il a observé est inquiétant : "Pour la première fois, au niveau des abattoirs, j'ai observé une très grande différence de prix au kilo, de 30 centimes environ, entre un bon veau limousin et un veau ordinaire. Même pas un mauvais veau, un veau ordinaire", insiste-t-il. Il est catégorique : "Il est indispensable de sortir de très bons broutards". C'est l'effort à consentir pour ensuite garantir leur valorisation.

La dernière fois qu'il avait été contacté par U&T, Stéphane Deconchat était inquiet quant à l'avenir de certains ateliers d'engraissement italiens. Aujourd'hui, il est toujours réservé : "En Italie, les ateliers sont encore pleins. En septembre, quelle sera la décision de certains éleveurs italiens ? Continueront-ils ou pas ? C'est à suivre."

La rentrée s'annonce donc déjà compliquée.

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