Politique

ô sondages !

Haute-Vienne
Lionel Robin

Allez, soumettons-nous aux sondages. Ils fleurissent comme les coquelicots parce que des élections se profilent. Alors chacun y va de son sondage pour telle région, pour tel département, voire pour les prochaines présidentielles... Et les chiffres apparaissent sur les chaînes d'info en continu et sont débattus par d'éminents spécialistes qui diront selon toute vraisemblance le contraire à la prochaine rentrée ou plus tard. Bon, c'est le jeu de la démocratie moderne et des médias. Pourtant, certains sondages passent inaperçus. Et c'est dommage parce qu'ils éclairent les paradoxes de l'agriculture française. Ainsi, une étude de l'Institut CSA pour l'association Planet A révèle d'une part que la Covid a démontré aux sondés que les liens entre leur santé et leur alimentation étaient forts et ils sont plus de 8 sur 10 à adhérer à un concept de la Santé unique, ce concept qui associe environnement, alimentation et santé. Ainsi, pour préserver le climat, les Français font le choix, à 87 %, de consommer des produits de saison et à 78 % locaux. Surtout, pour un Français sur deux, l'agriculteur est le premier acteur de confiance en matière d'accès à une alimentation de qualité. Une belle cote d'amour. Tout va bien, donc ? Pas tout à fait parce que, dans le même temps, l'enquête Ipsos/ Agri Avis révèle qu'un agriculteur sur deux se dit pessimiste, seuls 13 % d'entre eux se disent optimistes. Les réglementations, à 78 %, le cours des marchés et les prix de vente, à 54 %, font partie de leurs principales préoccupations. Leurs attentes prioritaires sont à 69 % des motifs d'ordre économique. Comment prendre tous ces chiffres ? Que les Français font confiance aux agriculteurs pour les nourrir sainement sans détruire la planète et que les agriculteurs aimeraient bien vivre décemment de leur métier. Il fallait bien deux sondages pour découvrir cette réalité.

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