Agriculture

Le collectif au service de l'énergie

Haute-Vienne
Équipe Agriphoton
Les associés de la SAS Agriphoton étaient réunis chez Matthieu Anoman, le 25 juin pour leur assemblée générale. L'occasion de faire le point sur leur projet photovoltaïque.

La petite famille d'Agriphoton était réunie vendredi 25 juin sur l'exploitation de Matthieu Anoman à Bujaleuf pour faire le bilan de l'année 2020. « Aude n'est pas là mais elle vous fait des bisous », transmet Isabelle Rommeluere, animatrice du projet et gérante de la société Actio'Terra. Des échanges qui traduisent l'esprit d'équipe qui anime ce groupe de huit associés. Dominique Brégaint (Royères) - président de la SAS -, Matthieu Anoman (Bujaleuf), Dominique Bigas (Ambazac), Jean-Marc Guimbard (Saint-Hilaire-la-Treille), Aude De Roffignac (Saint-Ouen-sur-Gartempe), Vincent Augier (Cieux), Frédéric Brun (Saint-Victurnien) et Bruno Marecchia (Linards) sont les huit membres de la Société par actions simplifiée (SAS) Agriphoton créée en 2018. Agriphoton, c'est « une aventure humaine » mais ça a surtout été l'opportunité de financer la construction de leur bâtiment (d'élevage ou de stockage) via le photovoltaïque.

Un projet millimétré

Alors en quoi consiste ce projet concrètement ? C'est bien simple, la toiture des huit bâtiments a été recouverte de panneaux photovoltaïques, installés par la société EDF ENR. Cette technologie a permis d'autofinancer le coût de construction et de diversifier les revenus des exploitations. Tous les bâtiments ont tout de suite produit. Sur l'année 2020, « la première année complète de tout le monde, la production a été de + 12,4 % par rapport au prévisionnel », informe l'animatrice. Deux ans après le début de l'aventure, les huit associés n'ont rien à redire, c'est un succès. Très certainement car le projet a été millimétré et colle au plus près de leurs besoins : « Il faut toujours partir des besoins des agriculteurs », précise Isabelle Rommeluere. En l'occurrence, c'était la construction d'un bâtiment tout en minimisant l'impact financier. « Agriphoton est vraiment ma société chouchou car tout a été optimisé ! », se réjouit-elle. « C'est tout de même une grosse enveloppe financière, il faut donc que ce soit cohérent. »

Le projet a finalement coûté 1,01 million d'euros. 811 000 euros ont été empruntés par la SAS, et chacun des associés a apporté 25 000 euros. Les agriculteurs restant propriétaires du terrain, la SAS verse un loyer à chaque exploitant couvrant ainsi les mensualités de leur prêt. Dans environ 15 ans, les prêts seront remboursés. Le surplus d'électricité fourni par les panneaux deviendra alors un revenu net pour les exploitations. Par ailleurs, uniquement la toiture et le bac acier appartiennent à la SAS, le reste du bâtiment appartient à l'agriculteur, « ce qui leur a permis de bénéficier d'aides ».

La SAS, une sécurité

Ce projet tient également la route car il est porté par le groupe : « Je ne me serais jamais lancé si ce n'avait pas été collectif », lance l'un des associés. En effet, le surplus d'électricité produit par les bâtiments revient à la SAS qui redistribue des dividendes, ce qui amoindrit les risques pour chacun car si un bâtiment ne produit pas, les sept autres peuvent compenser. Une sécurité qui a été mise en avant auprès des assurances, « le coût est donc moindre qu'en individuel », constate Dominique Bigas. C'est également une garantie de remboursement pour les banques qui sont ainsi plus enclines à prêter, souligne Matthieu Anoman. D'autant plus que la rentabilité du projet n'est pas conditionnée à la compétence de l'exploitation : « Le soleil brille partout pareil », rappelle-t-il.

Concernant l'entretien, « c'est un projet qui peut vivre tout seul », remarque Matthieu Anoman. La maintenance est gérée par la société installatrice EDF ENR. Quant à la comptabilité, elle est gérée par Cerfrance. Il est toutefois « important de se voir pour le suivi, pour échanger sur l'évolution de son exploitation et sur les futurs projets », déclare Jean-Marc Guimbard. C'est à ça aussi que servent les assemblées générales.

Pour tout exploitant qui a le projet de construire un bâtiment, les associés d'Agriphoton conseillent définitivement de réfléchir au photovoltaïque. Même ceux qui ont déjà des encours, qui pourraient éventuellement être freinés, car « il ne faut pas étudier un encours photovoltaïque comme un encours agricole », rappelle Matthieu Anoman.

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