Attirer et convaincre les jeunes

Olivier Chaumeil est convaincu de l'intérêt de la Rurale comme activité vétérinaire principale.
Olivier Chaumeil, qui exerce à Ambazac et se consacre pour l'essentiel aux animaux de rente, est persuadé que le système du tutorat s'avère efficace.

Le docteur Olivier Chaumeil est bien connu des éleveurs autour d'Ambazac, siège du cabinet vétérinaire qu'il tient avec deux autres associés et deux vétérinaires salariés. Et s'il est bien connu des agriculteurs, c'est bien parce que la rurale, comme disent les vétérinaires, c'est-à-dire l'activité des animaux de rente, est un choix pour lui. « Moi, dans l'activité vétérinaire, ce qui me plaît, c'est la rurale et, aujourd'hui encore, je cherche à me perfectionner », révèle-t-il. Les contraintes liées à cette activité, il connaît : les gardes, la continuité et la permanence des soins, il sait ce que ça veut dire et l'impact que ça peut avoir sur la vie de famille. Il se souvient : « Il y a quelques années, ce qui motivait les jeunes vétérinaires, c'était la qualité professionnelle et les formations qu'on pouvait leur offrir, nous offrir. Mais ça, c'est fini. »

Même s'il reconnaît ne pas savoir pour quelles raisons précises il y a une désaffection générale pour la rurale, Olivier Chaumeil met en avant la recherche par les jeunes vétérinaires d'une « qualité de vie ». « Nous, depuis plus de vingt ans, nous recrutons des vétérinaires salariés dans notre cabinet où nous faisons de la canine (animaux de compagnie) et de la rurale (animaux de rente). Nous en avons vu un certain nombre changer de voie », constate-t-il. Et encore, il estime que la situation de leur cabinet, au nord et assez proche de Limoges, facilite les choses. Il s'inquiète d'ailleurs pour le sud de Limoges où le manque de vétérinaires en rurale se fait déjà sentir.

Au cul des vaches

« Je n'ai pas la solution », lance le vétérinaire d'Ambazac. Mais il ne s'avoue pas désabusé : « Je trouve que le tutorat est une excellente formule. » En dernière année d'études vétérinaires, au moment où les futurs docteurs choisissent leur spécialisation, ceux qui se destinent à la rurale bénéficient des stages tutorés. Les stagiaires sont rémunérés et les tuteurs ont une obligation de formation. « Ce sont 18 semaines en immersion qui permettent à ces étudiants d'être sur le terrain, au cul des vaches, à la rencontre des éleveurs et, souvent, ajoute-t-il en rigolant, en compagnie d'un vieux vétérinaire. »

Olivier Chaumeil est donc convaincu de l'utilité des tutorats. D'ailleurs, « les étudiants qui font ces semaines de stage sont confortés dans leur choix de la rurale ». Surtout, le vétérinaire ambazacois constate que c'est le seul moyen de « leur montrer qu'il s'agit d'une vraie médecine, riche et que, même si parfois c'est difficile, la rurale est réellement intéressante ». Kenza Toukmidine, la dernière vétérinaire salariée par le cabinet, est justement venue d'abord en stage tutoré, l'hiver 2021, avant d'être embauchée (voir ci-après).

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