Une plante invasive à maîtriser

Bruno Marcelly et son fils Louis avec Christel Goutiéras, de la Fredon 87.
Bruno Marcelly et son fils Louis avec Christel Goutiéras, de la Fredon 87.
L'ambroisie, par manque de lumière, est encore à des stades précoces.
L'ambroisie, dont le pollen, très fin, est extrêmement allergisant, est une plante à maîtriser. Un réseau de suivi est en place et des conseils dispensés pour limiter sa propagation.

L'an dernier déjà, Bruno Marcelly, associé au sein du Gaec de la Ménardie à Maisonnais-sur-Tardoire, avait été confronté à la présence d'ambroisie dans une parcelle de triticale. "La parcelle était envahie. Après la moisson, qui a été difficile car il y avait beaucoup de vert, j'ai demandé conseil. On m'a dit de la laisser repousser et d'appliquer un herbicide spécifique. Une partie a été détruite mais cette année, l'ambroisie est encore là", raconte Bruno Marcelly. Il sait que c'est un problème de santé publique dont il s'agit, ses propres enfants étant d'ailleurs concernés par des allergies.

Privilégier le déchaumage

Toujours en recherche de solutions afin de régler cette problématique, il en a parlé avec sa conseillère Chambre d'agriculture qui en a référé à Christel Goutiéras, technicienne à la Fredon Haute-Vienne en charge de l'ambroisie. Cette dernière est formelle : "L'ambroisie est bel et bien là, à différents stades de développement, assez petite car étouffée sous les céréales qui composent le méteil", note-t-elle. Pour elle, "l'emploi d'un herbicide est une solution mais qui n'est pas efficace à 100 % et qui peut s'accompagner de phénomènes de résistance". Afin de limiter ce risque, elle recommande plutôt de déchaumer après récolte, pour un effet "faux semis". Les graines présentes dans le sol vont germer et les plantules seront détruites lors d'un deuxième passage. En plus, le déchaumage permet d'arracher les plantes installées qui, une fois coupées, repartent via les bourgeons axillaires.

Bruno Marcelly, très attentif à ces propos, le dit : "Je pense que cette année, je vais opter pour le déchaumage suivi d'un deuxième passage. En plus, je ne ferai pas de culture intermédiaire ici cet été. La priorité est bien de se débarrasser de cette adventice." "C'est vraiment important de discuter et d'échanger pour tester différentes pratiques", souligne-t-il. Car "une gestion adaptée aux adventices n'est pas suffisante pour l'ambroisie, remarque Christel Goutiéras. On n'est pas sur le même cycle de végétation. L'ambroisie pousse fin juin." Ce qui rend inefficace les traditionnels désherbages pré ou post-levée !

Un réseau sur le territoire

Afin de mieux gérer cette plante connue pour ses effets allergisants, la Fredon travaille à la mise en place d'un réseau de surveillance du territoire. Outre le réseau Chambre d'agriculture, qui fait remonter les informations depuis les exploitations concernées, Christel Goutiéras devrait pouvoir compter sur des référents communaux, élus ou agents, afin d'aider à la sensibilisation des habitants à la problématique sensible de l'ambroisie. Avis aux amateurs.

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